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Les suspensions de cotation
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Investir du 10 décembre 2005 n°1666. Les actionnaires de Saveur de France-Brossard ont appris lundi la suspension de cotation de leurs titres " jusqu'à nouvel avis " et " dans l'attente d'un communiqué ".
Celui-ci n'a pas tardé, puisque l'actionnaire principal annonçait les jours suivants une OPA. Les suspensions de courte durée qui suivent comme celle-ci la déposition d'une offre publique d'achat émanent souvent de l'Autorité des marchés financiers (AMF). La décision peut aussi provenir d'Euronext ou être demandée par la société elle-même. La suspension fait alors l'objet d'un avis d'Euronext, qui indique les raisons et la date d'effet de l'opération ainsi que les conditions de reprise de la cotation. A défaut et dans la plupart des cas, l'avis indique que la cotation est suspendue jusqu'à nouvel avis. Il n'existe pas de délai maximal.
Si elles peuvent suivre l'annonce d'une OPA, les suspensions de court terme sont également souvent la conséquence de rumeurs qui perturbent les cours : la suspension a alors pour but d'empêcher ou d'arrêter tout fonctionnement biaisé du marché.
La cotation d'un titre peut parfois être interrompue bien plus longtemps, comme peuvent en témoigner les actionnaires de la Compagnie du BTP, de Metaleurop ou les anciens détenteurs d'emprunts russes… Les suspensions de longue durée affichent des origines variées.
Elles concernent en premier lieu les entreprises qui mettent en place des opérations complexes sur leur capital : les cotations des titres de Fromageries Bel et d'Unibel sont ainsi suspendues jusqu'à nouvel avis en attendant la mise en place de l'opération de simplification sur le capital du holding. L'interruption de la cotation peut aussi être utilisée sur une période indéterminée pour permettre aux sociétés d'échafauder des plans de redressement ou de continuation, ou encore de rechercher de nouveaux partenaires pour éviter un dépôt de bilan. Les actions d'Acces Industrie ne cotent plus par exemple depuis mi-avril : la société a mis ce laps de temps à profit pour trouver un sauveur en la personne de Butler Capital Partners. De la même façon, Gantois a profité de la suspension de cotation de ses titres depuis le 29 septembre pour préparer sa remise à flot (recapitalisation par Sisu Capital). Même après une longue période, il reste possible que la cotation reprenne, comme l'illustre l'actualité de Metaleurop. Le tribunal de commerce de Paris ayant homologué le plan de redressement par voie de continuation, la société est en effet sortie de son redressement judiciaire et communiquera bientôt sur les conditions de la reprise de la cotation de l'action. Celle-ci restait suspendue depuis juin 2003.
Lorsqu'elle dure trop longtemps, la suspension pénalise bien sûr les actionnaires, bloqués avec des titres dont ils ne peuvent rien faire et agacés par le silence qui entoure souvent l'opération. Mais, dans sa première vocation, l'interruption des négociations demeure une mesure préventive qui vise avant tout à protéger les actionnaires et à permettre l'information du public dans des conditions satisfaisantes.
Enfin, nous vous rappelons ce conseil pratique : sauf exception, la suspension d'une valeur entraîne l'élimination des ordres non exécutés. Nous vous conseillons donc de vérifier si oui ou non votre ordre a été supprimé du carnet à la suite de la suspension de l'un de vos titres.
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