Les obligations
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Les obligations, généralités
22/10/09 à 19:01 - investir.fr | 0 commentaire
Une obligation est un titre de créance qui rapporte un intérêt – d’où l’appellation de valeur à revenu fixe – puis est remboursé à l’échéance.
A côté des actions, les obligations constituent la deuxième grande catégorie de valeurs négociées en Bourse. Chacune d’entre elles représente une partie d’un emprunt émis par l’Etat, un organisme public ou semi-public, ou une société privée. Ces emprunts sont divisés en obligations, de la même manière que le capital des sociétés est divisé en actions. Un emprunt de 100 millions d’euros pourra comporter 10 millions de titres de 10 euros chacun.
Sauf faillite de l’émetteur (hypothèse qui ne peut être totalement exclue), une obligation donne à son propriétaire l’assurance de percevoir un intérêt régulier et d’être remboursée à l’échéance. Il existe un classement selon le degré de risque des emprunts, la qualité de la signature des émetteurs (rating en anglais). Il va des émissions de l’Etat réputées les plus sûres jusqu’à celles des sociétés en difficulté, en passant par les entreprises privées solides. Ce sont les grandes agences de notation (Standard and Poor’s, Moody’s, Fitch…) qui délivrent ces ratings.
Les emprunts d’Etat, aujourd’hui, revêtent la forme d’obligations assimilables du Trésor (OAT), ainsi dénommées parce qu’elles donnent lieu à plusieurs émissions successives d’un même emprunt, chacune d’elles étant assimilée aux précédentes. Bizarrement, leur nominal est de 1 euro, mode suivie par d’autres émetteurs. Leur acquisition par les particuliers est devenue plus facile depuis que les intermédiaires se sont engagés à leur assurer en permanence des cours corrects.
Moins la signature est bonne, plus le rendement doit être élevé par rapport à l’emprunt d’Etat correspondant, qui est dit de référence. Ces écarts de rendement sont baptisés en anglais spread.
Les cours des obligations peuvent varier de manière sensible. Ils sont en quelque sorte indexés à l’inverse des taux d’intérêt. Si le loyer de l’argent baisse, les cours se valorisent, s’il monte, les obligations fléchissent. L’explication est simple : le rendement des titres anciens s’ajuste en permanence sur celui de ceux nouvellement émis, qui sont proposés au niveau le plus récent des taux.
Il existe deux types de rendements différents. Le premier, dit facial, est celui qui est affiché : par exemple, un titre rapportera du 5,5 %.
Le second est le rendement actuariel, que l’on pourrait qualifier de réel. Il tient compte non seulement de l’intérêt perçu, mais aussi du gain ou de la perte enregistré au moment du remboursement final de l’emprunt. Si une obligation rapportant 5,5 % est achetée à un cours de 95 et est remboursée à 100, son rendement actuariel sera supérieur, puisqu’il y aura un bénéfice de 5. Si elle est acquise à 105, le rendement sera inférieur, puisqu’il y aura une perte de 5. Bien entendu, quand une obligation cote 100, les deux rendements se confondent, à condition que le prix de remboursement soit de 100.
Le rendement actuariel : un rapport entre temps et argent
Le calcul exact du rendement actuariel est complexe. Il tient compte du temps. Le gain ou la perte de 5 aura ainsi une influence plus ou moins forte selon que l’échéance finale interviendra vite ou non. Le principe est qu’il vaut mieux percevoir une somme aujourd’hui que dans quelques années. En considérant le taux d’intérêt en vigueur, on calcule que, par exemple, 100 euros perçus dans cinq ans en valent seulement 79 aujourd’hui. Le calcul acturiel est au cœur de tous les raisonnements financiers, car il permet de mesurer les rapports du temps et de l’argent.
Fluctuation des taux et cours d’une obligation
Un exemple illustrera l’influence des taux sur la valeur des obligations. Si les taux étaient à 6 % et tombaient à 3 %, une obligation remboursable dans cinq ans rapportant du 5 % verrait son cours bondir de 95,83 à 109,16 (+ 14 %).
Plus l’échéance est lointaine, plus l’effet est intense. La même obligation, remboursable dans dix ans, passerait de 92,68 à 117,11 (+ 26 %) pour une même variation des taux. Quand ces derniers grimpent, les écarts sont identiques à la baisse. Les pertes seraient de respectivement 12,2 % et 20,9 % dans nos deux hypothèses.
La cotation
La cotation des obligations ne s’effectue pas en euros mais en pourcentage du nominal. Un titre vaudra ainsi 97,85 ou 101,35%. Ce cours exclut le coupon couru (partie d’intérêts acquise, par exemple 220 jours sur 365). Pour obtenir le prix, il faut donc additionner cours et coupon couru, tous deux en pourcent, puis ramener le résultat au nominal.
Exemple : un titre de 500 euros cote 99,60% avec un coupon couru de 3,55 %, soit au total 103,15 %. Il faudra payer 103,15 multipliés par 500, le tout divisé par cent, soit 515,75 euros.
Défense contre l’inflation
Le plus grand péril menaçant les obligations est l’inflation qui ruine les porteurs et s’accompagne en général d’une hausse des taux. Pour s’en préserver, il existe des obligations indexées sur l’indice des prix, telles les OATi attrayantes dans cette perspective.
Les obligations à taux variable
Ces obligations bénéficient d’une indexation de leur taux d’intérêt, toujours ajusté, avec un délai plus ou moins long, sur celui en vigueur sur le marché. Cela met ces titres à l’abri non pas de l’inflation, mais des soubresauts des taux d’intérêt.
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