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Les gérants de portefeuilles, des professionnels très expérimentés
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Confiance. Voici le premier volet de notre série sur les métiers de la Bourse, avec les gérants d’actifs pour compte de tiers. Très encadrés par l’Autorité des marchés financiers (AMF), ces intermédiaires de confiance assument de lourdes responsabilités.
Le gérant de portefeuilles, chargé de valoriser au mieux les capitaux qui lui sont confiés, travaille dans l’intérêt exclusif de ses mandants. La sélection des valeurs est établie en s’appuyant sur des articles de presse, des analyses financières et des contacts avec les dirigeants des entreprises cotées. Le gérant dispose lui-même de compétences en analyse pour « creuser » les dossiers selon ses propres critères.
Une formation bac + 5
Ces dernières années, le niveau d’études requis a augmenté, explique Carlos Pardo, de l’Association française de la gestion financière (AFG). Il existe des masters (bac + 5) spécialisés à Dauphine, à Nanterre, ou au Cnam (Essec). Les rémunérations vont de 80.000 € à 250.000 € brut annuels, avec une part fixe de l’ordre de 60%, un bonus selon la performance par rapport à un indice boursier de référence et une autre part variable en fonction de la collecte de fonds. Car, si l’essentiel du métier consiste à dénicher de belles valeurs, le temps de travail est consacré en partie à un effort d’explication en direction des conseillers en gestion de patrimoine indépendants (CGPI), qui vendent les fonds à leurs clients, explique Didier Roman, cogérant du fonds Ulysse chez Tocqueville Finance. Les commerciaux doivent, de leur côté, obtenir le référencement des fonds sur les contrats d’assurance-vie, sésame indispensable pour être retenu par les CGPI.
Un encours minimum de 30 à 50 millions d’euros est préconisé pour assumer les coûts fixes d’une société de gestion, compte tenu des frais de gestion (jusqu’à 2,5 % pour un fonds de «stock picking» qui sélectionne activement des actions). En outre, les grands investisseurs ne peuvent souscrire à des fonds trop petits, pour des raisons de liquidité.
Un capital minimum de 125.000 €
Une société de gestion (SDG) doit légalement disposer en permanence d’un capital minimum de 125.000 €, voire plus s’il le faut, pour couvrir un quart des frais généraux annuels nécessaires à la continuité d’exploitation. Les sociétés de gestion de portefeuilles (SGP) sont agréées et étroitement contrôlées par l’Autorité des marchés financiers (AMF), qui s’assure en particulier de l’honorabilité des dirigeants et actionnaires. Toute prise ou augmentation de participation au capital est soumise à autorisation préalable. L’AMF se fait aussi communiquer les comptes annuels (et prévisionnels sur trois ans pour un agrément), les CV des responsables, la description du matériel informatique, des logiciels utilisés… L’AMF peut en outre procéder à des contrôles sur place. Pour être agréée, une SGP doit compter au moins deux gérants dotés d’une expérience préalable d’une dizaine d’années dans la gestion pour compte de tiers. Ainsi, deux traders qui spéculaient pour le compte propre d’une banque n’ont obtenu un agrément que pour gérer des fonds fermés au grand public.
Un travail d’équipe
Dans la pratique, une SDG doit compter non pas deux mais trois ou quatre personnes, compte tenu du travail commercial, du contrôle, des tâches administratives. Il existe des spécialistes du «middle office» (chargés notamment de vérifier les confirmations d’ordres envoyées par les courtiers). Quant au «back office» (calcul de la valeur liquidative, des frais de gestion…), il est de plus en plus souvent confié à des prestataires extérieurs. La SDG est en outre adossée à une banque dépositaire des titres et adhérente au fonds de garantie de la profession.
Certaines SDG s’appuient au départ sur des «incubateurs». Ainsi, chez UFG-LFP (Crédit Mutuel du Nord), le directeur des partenariats, Jérôme Coirier, explique détenir des participations minoritaires au capital de huit SDG, dans le cadre d’une activité développée depuis plus de dix ans et dotée d’une équipe dédiée de dix personnes. Ces SDG partenaires gèrent 6 milliards d’euros. Elles peuvent parfois être hébergées dans les locaux d’UFG-LFP, voire bénéficier de ses systèmes informatiques, d’une aide commerciale… Chez AMLab (La Banque Postale), Bernard Descreux et Irène d’Orgeval cherchent des gérants sur des thématiques spécifiques pour compléter leur palette d’expertises. Ils doivent disposer de quinze à vingt ans d’expérience pour avoir déjà vécu des phases de hausse et de baisse. AMLab peut alors prendre une participation minoritaire et apporter de 10 à 30 millions d’actifs à gérer. Le début d’une aventure entrepreneuriale où des coûts fixes élevés laissent espérer un fort levier sur les résultats en cas de réussite.
Jean-Luc Champetier
Club fermé. Moins de 600 sociétés de gestion et 3.500 gérants se partagent en France un encours supérieur à 2.600 milliards d’euros (actions mais aussi obligations, immobilier ou marché monétaire). La moitié des capitaux confiés font l’objet d’une gestion individualisée sous mandat. Le solde correspond à la gestion collective via des fonds comme les Sicav.
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