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« On n'essaie pas d'attraper un couteau qui tombe »

22/10/09 à 18:18 - investir.fr | 0 Commentaire(s) Texte plus grand Texte plus petit Imprimer Ajouter cet article à mes favoris Séparateur Envoyer à un ami

Investir du 7 août 2004 n°1596. Bien que ce soit risqué, il est tentant d'acheter un titre en train de " dévisser ", surtout quand c'est celui d'une grande entreprise de la cote, que l'on connaît assez pour savoir qu'elle n'est pas habituée à être durement sanctionnée par le marché.

L'occasion paraît trop belle pour ne pas en profiter. Il semble alors évident qu'il faut faire vite avant que le titre ne revienne à un cours normal, si bien que les réflexions sur les causes de la chute sont remises à plus tard. Comment expliquer que, dans ces moments-là, l'on soit persuadé d'avoir raison et que le marché a tort ?

L'excès de confiance

A la base de tels comportements, il y a la propension de tout un chacun à surestimer ses capacités. Ce prisme déformant avec lequel on se regarde fait que l'on croit maîtriser les événements à un niveau bien supérieur à celui auquel on les maîtrise réellement. En Bourse, cela se traduit par une sous-utilisation et une mauvaise utilisation de l'information disponible et par un excès de transactions. Les investisseurs croient trop souvent comprendre le marché et pouvoir anticiper ses fluctuations de court terme. Du coup, ils achètent et vendent très souvent pour profiter des " bonnes affaires ".

Les professeurs de finance Brad Barber et Terrence Odean, par exemple, ont analysé les relevés d'opérations de clients d'un broker entre février 1991 et décembre 1996. Ils ont observé que le taux de rotation moyen des portefeuilles (c'est-à-dire le montant total des ventes divisé par la valeur du portefeuille) atteignait le niveau incroyable de 75 % par an. Ils ont également montré que ce sont les investisseurs les plus actifs qui affichent au final les moins bonnes performances. Comparables en données brutes d'une classe d'investisseurs à l'autre, les performances sont nettement différentes une fois les frais de courtage déduits. Enfin, il est attesté que les hommes souffrent davantage de l'excès de confiance que les femmes. Ils dépensent plus d'argent et de temps dans l'analyse personnelle des actions, font moins confiance à leurs conseillers, sont plus actifs et prennent des positions plus risquées. Si l'excès de confiance est un biais psychologique structurel, son amplitude dépend néanmoins du contexte. Il n'est jamais aussi important que lorsque l'investisseur accumule les plus-values, par exemple dans un marché haussier.

Quelques recettes pour le corriger

L'excès de confiance se nourrit d'une comptabilité asymétrique de ses réussites et de ses échecs. L'investisseur ne garde en mémoire que ses bons coups, qu'il fait porter au crédit de son habileté personnelle. Les moins-values, elles, sont oubliées ou placées sur le compte de la malchance. Une comptabilité rigoureuse de ses opérations en Bourse permet donc de corriger cette vision déformée de la réalité. De la même manière, le suivi précis de ses performances et la comparaison avec celles de références (benchmarks dans le jargon anglo-saxon) que sont les indices boursiers et les portefeuilles de la rédaction indiquent le coût (ou le profit) associé à la poursuite d'une gestion toute personnelle.

Antoine Zaccaria, RMM Diffusion, G. H. , Mickaël Mangot, doctorant en sciences économiques, auteur de l'ouvrage Les Comportements en Bourse - 6 erreurs psychologiques qui coûtent cher, Gualino éditeur.

 

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