Wall Street souffle le chaud et le froid à Paris

30/07/10 à 17:55 - investir.fr | 0 commentaire

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La Bourse de Paris a connu une seconde partie de séance mouvementée, évoluant au gré des statistiques américaines et de Wall Street. Au final, le Cac 40 termine en baisse de 0,24 % à 3.643,14 points. Alcatel-Lucent rit, Lafarge pleure.

Valses-hésitations en Bourse. Les marchés d’actions européens ont peiné à trouver une direction claire, et à Paris, 80 points séparent le plus haut (3.680,07 points) du plus bas du jour (3.600,83 points). En repli pendant une large partie de la séance, le Cac 40 est repassé en territoire positif en milieu d’après-midi suite à la publication des indices PMI de Chicago et de la confiance du consommateur américain.

Attendu en baisse, l’indicateur mesurant l’activité manufacturière dans la région de Chicago a progressé (62,3) en juillet, ce qui est de bon augure pour l’indice ISM du secteur manufacturier qui sera connu le 2 août. Quant à la confiance du consommateur, telle que calculée par Reuters-Université du Michigan, elle a certes reculé ce mois-ci mais une proportion inférieure aux prévisions, ce qui a là aussi rassuré un peu.

Publiée un peu plus tôt, la première estimation du produit intérieur brut (PIB) américain au deuxième trimestre, point d’orgue de cette semaine, est revenue sur le devant de la scène, ravivant les craintes sur la vigueur de l’économie. Selon le département du Commerce, le PIB a crû de 2,4 % en rythme annualisé entre avril et juin, ce qui traduit un ralentissement par rapport au premier trimestre, dont la croissance a été révisée en forte hausse de 2,7 % à 3,7 %. « La croissance des ventes finales est restée modeste, en raison d’une consommation molle et d’un fort creusement de la balance commerciale. L’investissement fixe a toutefois bondi, tiré par l’investissement en biens d’équipement et l’investissement résidentiel. Les dépenses gouvernementales ont progressé et les stocks ont une nouvelle fois contribué positivement à la croissance », commente Jean-Baptiste Pethe, économiste de marché chez Exane BNP Paribas. Et d’ajouter : « Le redressement de l’activité n’est pas remis en cause, mais il est laborieux. »

Les opérateurs ont aussi dû digérer une salve de résultats d’entreprises : pas moins de neuf sociétés du Cac 40 ont dévoilé leurs comptes avant l’ouverture de la Bourse. Et le bilan est globalement positif. A l’exception de Lafarge, qui a abaissé sa prévision de demande globale de ciment pour 2010, les autres poids lourds de la cote ont confirmé, voire relevé, leurs objectifs annuels.

A la clôture, le Cac 40 cède 0,24 % à 3.643,14 points dans un volume d’affaires de 4,22 milliards d’euros. A Londres, le Footsie perd 1,05 % à 5.258 points tandis qu’à Francfort, le Dax gagne 0,22 % à 6.147 points. A New York, le Dow Jones plie de 0,13 % à 10.453 points, le S&P 500 baisse de 0,14 % à 1.100 points et le Nasdaq Composite de 0,07 % à 2.250 points.

Le baril de brut léger américain cède 37 cents à 78 dollars. L’euro repart à la hausse à 1,3054 dollar.

Plus forte baisse du Cac 40, Lafarge recule de 3,89 % à 41,80 euros. Le numéro un mondial du ciment a dégagé un bénéfice d’exploitation courant de 836 millions d’euros au deuxième trimestre, en hausse de 5 %. Le chiffre d’affaires augmente de 2 % à 4,43 milliards. Le groupe a révisé en baisse sa prévision de variation de la demande mondiale de ciment comprise entre - 1 et + 3 % cette année, contre 0 et + 5 % auparavant.

Dans son sillage, Saint-Gobain perd 1,89 % à 32,665 euros en dépit de ses résultats et prévisions. Le spécialiste des matériaux de construction a vu son bénéfice net bondir de 291,4 % à 501 millions d’euros au premier semestre. Le bénéfice net courant progresse de 176,2 % à 580 millions. Les analystes de CA Cheuvreux tablaient sur 539 millions d’euros de profit et ceux CM-CIC Securities sur 540 millions. Le chiffre d’affaires s’est apprécié de 4,3 % à 19,52 milliards d’euros, est également supérieur au consensus. La marge d’exploitation ressort à 7,4 %, en hausse de 2,4 points sur un an et de 0,7 point par rapport au second semestre 2009. Pour l’ensemble de l’exercice, le groupe confirme sa prévision d’une « forte croissance de son résultat d’exploitation » à taux de change constants, et d’un bénéfice du second semestre « légèrement supérieur » à celui du premier.

Michelin cède 1,50 % à 58,46 euros. Le fabricant de pneumatiques a dégagé un bénéfice net de 503 millions d’euros au premier semestre, contre une perte de 119 millions un an plus tôt. Le chiffre d’affaires progresse de 17 % à 8,35 milliards. La marge opérationnelle a atteint un niveau record à 9,8 %, contre 4 % un an plus tôt. Le manufacturier confirme ses objectifs d’une croissance des volumes vendus supérieure à 10 % cette année tout en prévenant que la hausse des prix des matières premières auront un impact négatif de 600 à 650 millions d’euros sur ses comptes du second semestre. Le groupe tentera de contrebalancer cet impact par des hausses de tarifs.

A l’inverse, Alcatel-Lucent s’envole de 11,07 % à 2,297 euros. L’équipementier télécoms a accusé une perte nette ajustée de 139 millions d’euros au deuxième trimestre, contre un bénéfice de 56 millions un an plus tôt. Le résultat d’exploitation est bénéficiaire de 28 millions, contre une perte de 62 millions. Le chiffre d’affaires ressort à 3,81 milliards d’euros, en repli de 2,4 % sur un an, mais en hausse de 17,4 % par rapport au premier trimestre. La marge brute ajustée ressort à 1,37 milliard d’euros, soit 36,1 % des revenus. Le groupe se dit confiant pour le second semestre grâce à la croissance de son carnet de commandes et maintient ses perspectives pour l’ensemble de l’exercice.

EADS avance de 3,38 % à 18,18 euros. Le groupe d’aéronautique et de défense a accusé une chute de 61 % de son bénéfice net à 82 millions d’euros au deuxième trimestre. L’excédent brut d’exploitation recule de 51 % à 323 millions d’euros et le chiffre d’affaires diminue de 3 % à 11,3 milliards. La maison mère d’Airbus relève son objectif de chiffre d’affaires annuel à plus de 44 milliards d’euros et son objectif d’excédent brut d’exploitation à environ 1,2 milliard.

Schneider Electric gagne 2,43 % à 88,50 euros. L’équipementier électrique a vu son bénéfice net plus que doubler à 735 millions d’euros au premier semestre. Le chiffre d’affaires s’apprécie de 10,5 % à 8,57 milliards. Le groupe relève sa prévision de marge d’excédent brut d’exploitation 2010 à environ 15,5 % avant coûts de restructuration et impact de consolidation d’Areva distribution.

PPR gagne 0,29 % à 102,65 euros. Le groupe de luxe et de distribution a fait état d’un bond de 86,8 %, à 407 millions d’euros, de son bénéfice net des activités poursuivies hors éléments non courants au premier semestre. Le résultat opérationnel courant progresse de 20,7 % à 708 millions d’euros et le chiffre d’affaires de 3,6 % à 8,13 milliards.

Total prend 0,94 % à 38,71 euros. Le géant du pétrole a publié un bénéfice net ajusté de 3 milliards d’euros au deuxième trimestre, en hausse de 72 %. Le groupe maintient son objectif de ratio d’endettement dans la fourchette de 25 % à 30 % à fin 2010. Total ajoute qu’il propose un acompte sur dividende de 1,14 euro par action, stable, au titre de 2010.

EDF engrange 0,46 % à 32,62 euros. L’électricien a vu son bénéfice net diminuer de 46,9 % à 1,65 milliard d’euros au premier semestre, incluant une provision pour risque de 1,1 milliard sur les activités nord américaines. L’excédent brut d’exploitation progresse de 4,4 % à 10,4 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires diminue de 7,7 % à 37,5 milliards. Le groupe, qui confirme ses objectifs annuels, annonce par ailleurs la cession de ses réseaux électriques britanniques à Hongkong Electric et Cheung Kong Infrastructure pour à 5,78 milliards de livres (6,9 milliards d’euros).

Renault gagne 1,75 % à 34,235 euros. Le constructeur automobile a enregistré un bénéfice net de 823 millions d’euros au premier semestre, contre une perte de 2,71 milliards sur la même période de l’an dernier. La marge opérationnelle ressort à 780 millions d’euros, contre -620 millions et le chiffre d’affaires a progressé de 23 % à 19,66 milliards à données comparables.

Plus forte baisse du SRD, CGG Veritas abandonne 5,24 % à 14,825 euros. Le groupe de services pétroliers a dégagé un résultat net de 8 millions de dollars, contre une perte de 32 millions un an plus tôt. Le résultat opérationnel est stable à 37 millions de dollars. Le chiffre d’affaires a diminué de 7 % à 647 millions de dollars et le carnet de commandes au 1er juillet est stable à 1,5 milliard.

CP

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