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« Une prime de 15 % à 20 % est possible par rapport aux Bourses occidentales »
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Philippe Guigny, gérant de portefeuille senior, Amundi Asset Management
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Comme les agrégats macroéconomiques y sont meilleurs que dans les pays développés (croissance du PIB, dette publique, balance budgétaire, commerce, etc.), il est normal que nous nous intéressions aux pays émergents.
La croissance microéconomique devrait aussi être meilleure. Certes, il y a eu ces dernières années un rattrapage des marchés émergents, si bien que leurs niveaux de valorisation sont aujourd’hui identiques à ceux des pays développés, avec des multiples de capitalisation qui tournent en moyenne autour de 13 ou 14 fois. Il nous semble que les marchés pourraient désormais se traiter avec une prime de l’ordre de 15 % à 20 % par rapport à leurs homologues occidentales.
Même après son rebond de l’an dernier, la Russie est relativement peu chère. Elle se paie 8 fois les résultats attendus, ce qui intègre une part de risque. La croissance économique est seulement de 3 % pour 2010, mais avec un pétrole budgété à 60 $ le baril, alors que celui-ci se situe actuellement vers 75 $, ce qui permet des révisions à la hausse. Nous sommes également positionnés au Brésil, dont la valorisation est revenue au niveau de l’ensemble des pays émergents. La bonne orientation des prix de l’énergie et des matières premières constitue aussi un facteur favorable pour le pays, que la perspective du Mondial de football, en 2014, et des Jeux olympiques, en 2016, va en outre contribuer à doper à plus long terme (besoins en infrastructures, tourisme…). Nous sommes neutres sur la Chine et sous-pondérés à Taïwan (secteur bancaire à risque), en Corée (réévaluation du won pénalisant les exportatrices, endettement des particuliers et des PME) et en Afrique du Sud (déficits courants, crainte inflationniste).
Ses trois valeurs favorites
Grupo Mexico. Le producteur de cuivre est décoté de 30 % par rapport à ses 75 % détenus dans Southern Copper Corporation. En outre, nous sommes positifs sur le cuivre, qui devrait mieux se comporter que d’autres matières premières aujourd’hui plus chères. Le groupe produit aussi du zinc et de l’argent.
Ju Teng International Holdings. Fondée en 2000, cette entreprise dont le management est taïwanais, cotée à Hongkong, détient 30 % du marché mondial des carcasses d’ordinateurs portables. La majeure partie des sites de production se trouve en Chine. La société, dont la croissance est soutenue, augmente ses parts de marché, s’associe avec des producteurs locaux et vise une amélioration de ses marges en montant en gamme (carcasses en métal léger).
Petrobras. Première société d’exploitation pétrolière au Brésil, Petrobras est plus représentative de notre vue globale sur les marchés émergents, au sein d’un portefeuille qui comprend quelque 350 lignes. Le groupe a fait d’importantes découvertes depuis deux ans et se montre très actif dans l’offshore. La croissance des ventes de pétrole est bien orientée.

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