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« Une bulle financière a de fortes chances de se former »
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Vincent Strauss, directeur général de Comgest
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Aujourd’hui, il faut détenir des actions par défaut, car les taux d’intérêt sur le cash sont « nipponnesques », les obligations sont des produits merveilleux pour les masochistes. Il reste les biens réels et les actions. Les actions des pays émergents ont bien sûr toute leur place. Toutefois, je ne trouve pas que les marchés émergents sont bon marché aujourd’hui. Il y a un côté évidence biblique qui incite à être dans ces marchés, c’est pourquoi une bulle financière a de fortes chances de se former. Les faibles taux d’intérêt – pour subventionner les banques – et la croissance anémique dans les pays développés (du fait du remboursement de dettes privées et publiques) vont aboutir à une consommation anormalement basse dans ces pays. Il faut donc acheter les pays émergents, ce qui va conduire à des valorisations excessives dans les mois qui viennent. J’ai le sentiment d’être au Japon en 1986 après les accords du Plaza, quand le yen commençait à s’apprécier et que l’indice Nikkei valait trente fois les bénéfices ! On ne peut pas dire à vos lecteurs que les marchés émergents sont sous-évalués, ils sont en ligne avec les marchés occidentaux.
Trouver des achats « contrariens » est difficile. L’Afrique est le continent le plus favorable et l’Afrique du Sud est une voie d’accès privilégiée. Nous surpondérons ce pays, bien que la situation macroéconomique ne soit pas brillante. Mais quelle est la source de la croissance d’un pays ? C’est la variation de la population et de la productivité. L’Afrique du Sud est le pays le plus favorable pour ce premier paramètre. Elle a également un ensemble de qualités : un Etat de droit, un système bancaire solide, un système de fonds de pension et, chose très rare dans les pays émergents, des ressources financières de long terme qui financent les entreprises. Même si le pays avait un problème de financement extérieur, une crise de sa devise, les entreprises seraient financées par le marché domestique. Enfin, il existe en Afrique du Sud des entreprises que j’appelle des « consolidateurs ». Celles-ci ont une forte clientèle locale et ont redéployé leurs actifs dans une zone régionale avec une approche sectorielle et elles sont dotées de très bons managements. Le Brésil a aussi notre faveur, tout comme Taïwan, zone où pourraient se multiplier les fusions-acquisitions en 2010.
Ses trois valeurs favorites
MTN est un consolidateur typique. Ce groupe, implanté dans vingt-deux Etats africains et présent en Iran, est le numéro deux dans la téléphonie mobile en Afrique du Sud. Il génère un autofinancement libre élevé. Son prix de neuf fois les bénéfices s’entend avec une croissance attendue de 13,5 % par an sur les cinq prochaines années. Elle offre de surcroît un bon dividende.
JBS. Le plus gros producteur de viande au monde. Un producteur brésilien à bas coût présent dans le monde entier. Le prix est proche de 17 fois les bénéfices.
Naspersest l’un des leaders dans les médias et le multimédia dans les pays émergents. La société contrôle 34,5 % de Tencent en Chine. Cette société a un magnifique management avec une vision à long terme de l’activité.

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