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TOTAL : -Tripoli doit investir $30mds dans le pétrole et le gaz
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Tripoli pourrait consacrer $30mds au pétrole et au gaz
Besoins importants dans l'électricité, la construction et le ferroviaire
Le "marché" libyen attire les entreprises du monde entier
Historique infos & conseils
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par Matthias Blamont et John Irish
PARIS, 17 octobre (Reuters) - La France évalue à 30 milliards de dollars les investissements nécessaires à la modernisation de l'infrastructure pétrolière et gazière en Libye d'ici à 2015, a déclaré à Reuters lundi Christophe Lecourtier, directeur général de l'agence Ubifrance.
Les pouvoirs publics espèrent faire bénéficier les entreprises tricolores des opportunités à venir dans le cadre de la reconstruction du pays alors que la France s'est fortement impliquée dans l'intervention de l'Onu qui a contribué à la chute du régime de Mouammar Kadhafi.
Le secrétaire d'Etat chargé du Commerce extérieur, Pierre Lellouche, s'est rendu en Libye le 12 octobre accompagné de 80 chefs d'entreprise et de PME pour promouvoir l'offre industrielle et commerciale française.
Ubifrance, l'agence de soutien aux entreprises qui veulent vendre leurs produits à l'étranger, ouvrira un bureau à Tripoli en début d'année prochaine.
"Il y a des opportunités pour nos entreprises, y compris dans des secteurs au sein desquels nous n'étions pas présents (comme l'agriculture ou le tourisme-NDLR)", indique Christophe Lecourtier.
"Dans les secteurs porteurs, on estime à 30 milliards de dollars le montant des investissements dans le pétrole et le gaz entre 2011 et 2015 pour porter la production libyenne à trois millions de barils par jour", explique-t-il.
La production de brut en Libye, troisième fournisseur de pétrole d'Afrique, était estimée à 1,6 million de barils par jour avant le début du soulèvement de la population, début 2011. Elle devrait retrouver son niveau d'avant-guerre en 2012.
Total est en discussion avec les dirigeants du Conseil national de transition libyen (CNT) afin d'étendre ses activités sur place et envisage de développer une activité de gaz naturel liquéfié (GNL).
COHÉRENCE
Tripoli devra également investir quelque 12 milliards de dollars dans l'énergie électrique pour permettre à l'économie libyenne de fonctionner à nouveau normalement, selon Christophe Lecourtier.
"Nous pensons aussi que, compte tenu des destructions qui ont eu lieu et de la nécessité de répondre à des besoins sociaux, le budget alloué à la construction et au bâtiment dépassera les 3 à 4 milliards de dollars par an", détaille-t-il.
Dans le domaine du transport ferroviaires, la Libye pourrait avoir à engager 5 à 6 milliards de dollars "assez vite", fait-il encore valoir.
Le Medef a estimé en septembre à 200 milliards de dollars sur dix ans la somme que pourrait débloquer la Libye pour remettre ses infrastructures à niveau.
Plusieurs centaines d'entreprises se sont positionnées alors que les avoirs libyens à l'international ont été chiffrés à quelque 170 milliards de dollars.
La France affrontera logiquement les offres concurrentes de pays comme l'Italie, la Chine, le Royaume-Uni ou la Turquie.
Pour espérer faire la différence lors des appels d'offres et faire taire les critiques passées sur le manque de cohérence de l'offre française, Paris a défini onze 'clusters' ("grappes") industriels avec de grands groupes chefs de file et des petites et moyennes entreprises sous-traitantes.
Christophe Lecourtier indique que le dispositif sera reconduit dans d'autres pays si le succès est au rendez-vous en Libye, et ce alors qu'Ubifrance se prépare à ouvrir de nouvelles missions en Côte d'Ivoire et au Kenya. (édité par Patrick Vignal)

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