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Table ronde. Un engouement sélectif pour les actions des pays émergents
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Investir a réuni quatre gérants de portefeuilles dont les fonds spécialisés figurent parmi les meilleurs. Ils livrent leur analyse économique des BRIC et de leurs voisins et dévoilent leurs valeurs favorites du moment sur ces bourses exotiques.
Les pays émergents font de plus en plus figure de nouvel eldorado pour les investisseurs audacieux. D’où notre décision d’organiser une table ronde sur ce thème. La plupart de ces pays ont mieux traversé la crise que les pays développés, sans dommages majeurs. Nos quatre experts se rejoignent pour constater que la croissance économique y est largement supérieure. En outre, la fiabilité des comptes des entreprises locales progresse, alors qu’elle a beaucoup déçu dans les pays développés. Le développement des économies émergentes repose moins que par le passé sur les exportations vers les pays riches, grâce à une demande intérieure en progrès et aux relations commerciales accrues entre pays émergents.
L’engouement ne devrait donc pas se démentir : chaque repli boursier offrira une opportunité. C’est l’avis quasi unanime des autres professionnels que nous avons sondé pour l’occasion. Nathalie Wallace, chez Legg Mason Batterymarche, pour ne citer qu’elle, considère ainsi que « les liquidités créées par la politique monétaire très souple des pays développés s’engouffrent à grande vitesse dans les pays émergents ». Partageant son avisPatrick Moonen, stratégiste chez ING IM souligne que « Les ratios de valorisation sont toujours inférieurs à ceux des pays développés, avec une croissance bénéficiaire semblable. »
L’inflation reste sous contrôle en Chine
Faut-il craindre la constitution d’une dangereuse bulle spéculative en Chine ? Il semble que non, car les autorités n’attendront pas que l’inflation dérape pour refroidir la machine, limiter les surcapacités de production et la spéculation immobilière. Mais « le risque majeur reste celui de l’inflation », souligne Simon Pickard (Carmignac Gestion). Heureusement, une baisse autoritaire des crédits bancaires de 21 % a été annoncée pour 2010. Une hausse des taux directeurs est à prévoir. Il n’est pas trop tard, même si les prix à la consommation ont augmenté de 1,9 % en décembre 2009. Du coup, la croissance chinoise pourrait ralentir par rapport au niveau très élevé de 10,7 % en rythme annuel atteint au quatrième trimestre 2009, contre 6,1 % au plus fort de la crise au premier trimestre.
De l’ampleur du ralentissement en Chine dépendront les cours mondiaux des matières premières, déterminants pour des pays comme la Russie. Celle-ci est souvent recommandée, mais, pour notre part, nous sommes très réservés sur ce pays, pas toujours exemplaire pour son respect des investisseurs étrangers.
Mieux vaut en tout cas rester à l’écart du producteur d’aluminium Rusal, désormais coté à Paris. Comme l’explique le courtier Oddo, la dette de Rusal reste élevée. Et « la nature oligarchique de l’actionnariat présente un risque évident en matière de gouvernement d’entreprise ».
Plus que le choix des pays, celui des valeurs sera déterminant. L’achat direct d’actions émergentes n’est raisonnable que pour des montants très élevés, compte tenu des courtages prélevés par les courtiers locaux. Sauf bien sûr pour les titres cotés à Paris (CFAO, Maroc Telecom…). Nos spécialistes citent donc des valeurs locales à titre d’illustration. Guillaume de Corbiac choisit « des sociétés dirigées par des individus ou des familles actionnaires ayant la plus grande partie de leur patrimoine dans leur affaire ». Cette méthode a fait ses preuves en France. Selon Philippe Guigny (Amundi, issue de la fusion entre les sociétés de gestion du Crédit Agricole et de la Société Générale), certaines sociétés de qualité « pourraient se traiter avec une prime par rapport à leurs homologues occidentales ». Attention quand même aux excès, insiste Vincent Strauss (Comgest), pour qui « des valorisations excessives » peuvent apparaître ces prochains mois.
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Table ronde. Un engouement sélectif pour les actions des pays émergents - 03/02/10 à 08:00 - investir.fr
« Les marchés émergents sont devenus plus sains que les développés » - 03/02/10 à 08:08 - investir.fr
« Une prime de 15 % à 20 % est possible par rapport aux Bourses occidentales » - 03/02/10 à 08:10 - investir.fr
« Une bulle financière a de fortes chances de se former » - 03/02/10 à 08:12 - investir.fr
« Nous croyons aux entrepreneurs actionnaires qui innovent avec une vision à long terme » - 03/02/10 à 08:58 - investir.fr




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