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Peu de réactions en Chine après la décision d'assouplir le yuan
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par Simon Rabinovitch
PEKIN, 20 juin (Reuters) - L'annonce par la Chine d'un assouplissement de sa politique de change a fait des vagues dans le monde mais pas en Chine, où les principaux journaux de dimanche se contentent de reproduire la déclaration de la banque centrale sans commentaire.
Le Quotidien du peuple, principal organe du Parti communiste au pouvoir, a relégué la nouvelle en dernière page, tandis que le titre phare du site web de l'agence de presse officielle Chine nouvelle concerne les pluies torrentielles qui se sont abattues sur le sud du pays.
Le peu de réactions en Chine à la décision de la banque centrale d'assouplir le yuan après l'avoir réarrimé au dollar pendant près de deux ans contraste avec l'importance des commentaires à l'étranger.
Les dirigeants des Etats-Unis, de l'Union européenne, du Japon et du Fonds monétaire international, entre autres, ont salué la nouvelle comme une contribution encourageante à l'équilibrage de l'économie mondiale.
Les analystes chinois, qui ont parlé à leurs clients ou aux analystes étrangers, soulignent que la mesure se justifie économiquement et, surtout, vise un but politique.
"Cette déclaration importante du gouvernement chinois venant avant le sommet du G20 est une grosse concession pour empêcher que la question du taux de change du yuan ne soit politisée par les pays occidentaux", commente Gao Shanwen, économiste chez Essence Securities à Pékin.
"CHINE, TU T'ES RENDUE !"
Lundi, les marchés boursiers pourraient saluer la nouvelle qui, survenant à une semaine du sommet du G20 au Canada, est susceptible d'apaiser les craintes d'un différend commercial entre les Etats-Unis et la Chine à un moment délicat pour l'économie mondiale.
Dans son communiqué, la banque centrale chinois fait valoir qu'avoir maintenu de facto le yuan arrimé au dollar depuis juillet 2008 avait aidé à atténuer l'impact de la crise financière mondiale.
Tous les yeux seront donc tournés lundi vers le taux de référence quotidien fixé par la banque centrale pour gérer la valeur du yuan. Les économistes estiment que le taux de change sera relevé petit à petit et non par bonds.
La plupart des sites web ont empêché les utilisateurs de poster des commentaires sur le communiqué de la banque centrale, une mesure normalement réservée aux nouvelles les plus sensibles.
Sur quelques sites toutefois, les lecteurs restaient libres de faire connaître leurs vues. A les entendre, le gouvernement aura du pain sur la planche pour se réconcilier avec l'opinion publique.
"Quelle nouvelle préoccupante : Chine, tu t'es rendue !" écrit un lecteur en ligne du Global Times, un tabloïd populaire.
"Pourquoi la Chine est-elle si effrayée par les Etats-Unis ?", s'interroge un autre.
"Nous sommes si bien élevés, faisant tout ce que les Etats-Unis nous demandent", écrit ironiquement un troisième.
Le secrétaire d'Etat au Trésor, Timothy Geithner, qui a retardé la publication d'un rapport potentiellement embarrassant parce que susceptible de déclarer la Chine comme faisant partie des pays manipulant leur devise, a souligné que les actions de la Chine doivent parler plus que ses mots.
"C'est une mesure importante, mais le test sera de savoir jusqu'où et à quel rythme ils vont laisser s'apprécier la devise", a-t-il déclaré. (Avec Ben Blanchard, Danielle Rouquié pour le service français)





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