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Paris au plus haut depuis trois mois

02/08/10 à 17:55 - investir.fr | 0 Commentaire(s) Texte plus grand Texte plus petit Imprimer Ajouter cet article à mes favoris Séparateur Envoyer à un ami

Stimulée par les valeurs financières et celles liées aux matières premières, la Bourse de Paris termine la séance en nette hausse de 2,99 % et franchit le seuil des 3.700 points en clôture, à 3.752,03 points, son meilleur niveau depuis le 3 mai. Les statistiques économiques ont également été favorables. BNP Paribas gagne 5,27 % et ArcelorMittal avance de 5,86 %.

Après plusieurs séances d’hésitations, l’enthousiasme est revenu sur les marchés. A Paris, le Cac 40 a bondi de 2,99 %, s’affranchissant du seuil des 3.700 points en clôture. A 3.752,03 points, il est à son plus haut niveau depuis le 3 mai. Le volume d’échanges a atteint 3,36 milliards d’euros. Les autres places financières européennes ont évolué à l’unisson : à Londres, le Footsie s’est apprécié de 2,65 % à 5.397 points et à Francfort, le Dax a grimpé de 2,34 % à 6.292 points. Wall Street est aussi très bien orienté : l’indice Dow Jones progresse de 1,92 % à 10.666 points, le S&P 500 de 2 % à 1.123 points, et le Nasdaq Composite prend 1,80 % à 2.295 points.

Les marchés du Vieux Continent ont salué, dès l’ouverture, les résultats trimestriels meilleurs que prévu de deux poids lourds du secteur bancaire, BNP Paribas et HSBC. A 2,1 milliards d’euros, le profit net dégagé par l’établissement dirigé par Baudouin Prot au deuxième trimestre est en hausse de 31 % sur un an et supérieur aux attentes. La banque sino-britannique n’est pas en reste puisqu’elle a annoncé un doublement de son bénéfice net au premier semestre. Des performances qui tiennent à la forte baisse des provisions pour créances douteuses.

Des données macroéconomiques ont aussi permis aux marchés d’accélérer encore leur hausse. Aux Etats-Unis, les dépenses de construction ont augmenté de 0,1 % en juin, alors qu’elles étaient attendues en baisse de 0,5 %. Parallèlement, l’indice ISM d’activité manufacturière s’est établi à 55,5 points en juillet, en repli par rapport aux 56,2 points de juin mais au-dessus des 54,1 points anticipés. Pour le chef économiste d’Oddo Securities, Bruno Cavalier, ces chiffres témoignent du freinage de l’investissement et de l’essoufflement du cycle de restockage. « Il y a encore une marge de baisse de l’ISM dans les prochains mois : un recul vers une zone de 49-51 points vers la fin 2010 serait cohérent avec une croissance du PIB de 2 % environ », conclut-il. Mais en Bourse, les opérateurs sont restés confiants.

En Europe, dans la matinée, ils ont été agréablement surpris par les données relatives à l’activité manufacturière le mois dernier. L’indice composite des directeurs d’achats (PMI Markit) s’est en effet redressé à 56,7 points en données définitives, atteignant son meilleur niveau depuis trois mois, grâce au dynamisme du secteur en Allemagne. « Il semble que l'amélioration que reflète l'indice PMI dans la zone euro au mois de juillet est presque entièrement le fait d'une accélération de la croissance allemande », a commenté Chris Williamson, économiste en chef de Markit. Les performances sont contrastées selon les régions : « les PMI des autres pays restent faibles ou inférieurs aux pics observés plus tôt dans l'année, ou bien, dans le cas de Grèce, ils reflètent la poursuite d’un recul. » En France, l’indice a poursuivi son repli, et l’activité a ralenti en Grande-Bretagne.

Dans le sillage des marchés d’actions, le baril de brut léger américain gagne 2,57 dollars à 81,52. Mais c’est sur le marché des changes que le mouvement a été le plus net. En fin de session européenne, l’euro se négociait à 1,3182 dollar, après avoir touché 1,3195 en séance. Selon les traders, la monnaie unique a franchi un palier technique clé, qui donne le signal de la poursuite du mouvement haussier face au dollar.

Meilleure performance du jour, ArcelorMittal grimpe de 5,86 %, à 24,76 euros, sur fond de hausse des cours des matières premières. La major pétrolière Total s’adjuge 3,10 % à 39,91 euros.

Du côté des banques, BNP Paribas progresse de 5,27 % à 55,49 euros. L’établissement a publié des résultats trimestriels supérieurs aux attentes du marché, grâce à de bonnes performances dans la banque de détail, qui ont compensé le repli de l'activité du pôle banque de financement et d'investissement. Le groupe affiche un profit net trimestriel de 2,1 milliards d'euros, en hausse de 31% et contre 1,63 milliard attendu par Dow Jones. Le produit net bancaire a augmenté de 11,8%, à 11,17 milliards d'euros, mais celui de la branche banque de financement et d'investissement a reculé de 30%, à 2,68 milliards d'euros. Le coût du risque s’est replié de plus de 50% en l’espace d’un an, à 1,08 milliard d'euros. Enfin, le ratio Tier 1 progresse de 0,1 point par rapport à fin mars, à 10,6%. Dans son sillage, Dexia gagne 3,43 % à 3,891 euros et Société Générale 4,67 % à 46,30 euros. Les deux établissements publieront leurs comptes trimestriels cette semaine. Crédit Agricole avance de 3,71 % à 10,90 euros.

Air Liquide a annoncé une hausse de 13,3% de son résultat net au premier semestre, à 676 millions d’euros, grâce à un redressement de la demande et une forte croissance sur les marchés émergents. Le chiffre d’affaires augmente de 9,7 % à 6,52 milliards. Le spécialiste des gaz industriels confirme son objectif d'une croissance du résultat net 2010 « dans la continuité de [ses] performances historiques ». Le titre prend 3,43 % à 89,33 euros.

Les immatriculations de voitures neuves ont reculé de 12,9 % en France en juillet sur un an, accusant l’impact de la disparition progressive de la prime à la casse. Celles de PSA Peugeot Citroën ont reculé de 15 % et celles de Renault de 7,6 %. Le premier gagne 1,43 % à 23,095 euros et le second 0,74 % à 34,49 euros. HSBC a abaissé son conseil de « surpondérer » à « neutre » sur la marque au losange.

Parmi les quelques arbitrages défavorables : Alcatel-Lucent. Le titre de l’équipementier télécoms perd 0,61 % à 2,283 euros, alors que RBS a abaissé sa recommandation sur le titre de « acheter » à « conserver ».

Selon la presse, France Télécom (+ 2,24 % à 16,43 euros) a engagé des discussions avec les actionnaires de Meditel, deuxième opérateur du Maroc, en vue d'acquérir 40 % de son capital. Un montant de 650 millions d'euros est avancé dans le cadre de la transaction.

Eiffage a annoncé une progression de 2,2 % de son chiffre d'affaires au deuxième trimestre, à 3,55 milliards d’euros. Sur l'ensemble du premier semestre, les facturations ressortent à 6,46 milliards d'euros. Le carnet de commandes s'établissait au 1er juillet à 10,8 milliards d'euros, en augmentation de 4,4 % depuis le 1er avril et de 9,1 % depuis le début de l'année. L’action progresse de 3,47 % à 40,065 euros.

Maurel & Prom gagne 5,01 % à 9,649 euros. La compagnie pétrolière a finalisé l’acquisition de participations dans trois puits au Nigeria auprès de Shell et d’Eni.

Areva (- 4,04 % à 350,05 euros) a publié un profit net semestriel de 843 millions d’euros, contre 161 millions un an plus tôt. Il inclut néanmoins une plus-value de 1,27 milliard d’euros liée à la cession de T&D. Le résultat opérationnel s’inscrit au contraire en perte de 170 millions d’euros, en raison notamment de provisions pour le retard de l’EPR finlandais.

Enfin, Eurazeo (+ 4,14 % à 50,91 euros) a annoncé être entré en négociations exclusives avec le fonds d’investissement américain Carlyle en vue de la vente de la chaîne d'hôtels B&B. La période d’exclusivité sera « de courte durée ». L'opération est envisagée sur la base d'une valeur d'entreprise de 485 millions d'euros.

Céline Panteix


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