Réagir

 

Afficher le sommaire

Sommaire du dossier

 


Les nouveaux atouts des éditeurs de jeux vidéo

18/02/10 à 07:00 - investir.fr | 1 Commentaire(s) Texte plus grand Texte plus petit Imprimer Ajouter cet article à mes favoris Séparateur Envoyer à un ami

Le marché des jeux vidéo va repartir à la hausse grâce à la baisse du prix des consoles et aux nouveaux téléphones mobiles. La vente par Internet (jeux en ligne ou à télécharger) va aussi soutenir l’activité. Notre point complet sur le secteur.

Le marché mondial des logiciels de jeux vidéo devrait légèrement remonter cette année, après une baisse supérieure à 10 % en 2009. Une hausse de 2 à 3 % est attendue, grâce, certes, à un effet de base positif, mais aussi à une nouvelle baisse du prix des consoles de jeux. Car le lancement de la nouvelle génération de consoles a été repoussé de deux ans, soit en 2012 ou 2013. Les ventes de jeux vont donc bénéficier d’une base installée encore plus vaste. Déjà, 70 millions de joueurs passionnés (gamers) sont équipés des consoles de Sony (PS3) et Microsoft (XBox 360). Quant aux « joueurs du dimanche », ils sont 65 millions à s’être offert une Wii (console de salon) ou une DS (portable), produites par Nintendo. Ce marché du jeu casual, familial, grand public, a souffert l’an passé de la crise. Pierre Bernardin, analyste financier chez Exane, souligne qu’outre-Manche les ventes de jeux ont baissé de 17 % en 2009 pour la Wii, et même de 28 % pour la DS, alors qu’elles ont progressé de 4 % pour les jeux plus sophistiqués adaptés à la XBox 360 ou à la PS3. Ce loisir est en effet bon marché, ramené à l’heure d’utilisation, et addictif : les « accros » sont prêts à sacrifier d’autres dépenses.

Le marché des jeux casual devrait se stabiliser : il sera soutenu en novembre 2010 par le projet Natal de Microsoft, consistant à vendre une adaptation de sa console XBox 360 permettant de s’affranchir de la manette de jeu. Le joueur occasionnel communiquera en langage naturel avec la machine (reconnaissance faciale et vocale). De nouvelles recrues sont aussi espérées grâce au jeu sur écran TV (avec la télécommande).
 


Jeux pour iPhone

Surtout, les prévisions de légère hausse ne tiennent pas compte du nouveau créneau des jeux pour téléphones mobiles intelligents (smartphones), de type iPhone. Aussi puissants qu’un ordinateur il y a cinq ans, ils offrent des possibilités de jeux bien meilleures qu’avec un mobile classique. Du coup, 15 % des propriétaires achètent des jeux, au lieu de 3 %. Or, le nombre d’iPhone en service explose avec la fin du monopole de distribution des opérateurs en France (Orange), en Allemagne et aux Etats-Unis (ATT). Les deux grands éditeurs mondiaux de jeux pour mobiles (le français Gameloft et EA Mobiles, filiale d’Electronic Arts) pourront aussi compter sur le lancement des tablettes tactiles iPad en mars ou avril.

Une croissance supplémentaire devrait aussi être apportée par les jeux « massivement multijoueurs en ligne » (MMO), permettant de jouer sur Internet. Pour l’heure, World of Warcraft, lancé en novembre 2004, est le seul joyau de cette industrie. Edité par Activision Blizzard, filiale de Vivendi, il compte 11,5 millions d’abonnés payants et affiche 1,3 milliard de dollars de chiffre d’affaires. Une troisième extension (Cataclysm) sera lancée cette année. Toutefois, l’édition de jeux vidéo pèse seulement 14 % de la valeur des actifs de Vivendi (valeur non traitée ci-dessous).

Le secteur sera bouleversé par la vente de jeux dématérialisés par téléchargement. Ce basculement, dangereux pour les réseaux de magasins, sera progressif, estime Brice Thébaud, analyste chez Aurel : les éditeurs ne souhaitent pas fragiliser leurs distributeurs « en dur » (comme Innelec en France), qui seront utiles pour lancer la nouvelle génération de consoles. Mais, déjà, après Microsoft, Nintendo et Sony ont créé leur plate-forme de téléchargement de jeux pour consoles. Et les jeux pour iPhone se vendent via le magasin virtuel d’Apple, l’AppStore. Le coût de distribution est ainsi abaissé de 40 % par rapport aux jeux sur téléphones classiques, écoulés par les opérateurs télécoms.
 


Studios à bas coûts

Mais l’atout maître pour l’avenir sera la capacité à résister à l’inflation des coûts de production, qui s’amplifiera avec les nouvelles consoles alors qu’il frôle déjà 20 millions d’euros pour un blockbuster. Le champion français Ubisoft a installé des studios à Shanghai, en Ukraine, en Roumanie, et profite de subventions au Canada. 60 % de ses 5.000 informaticiens-développeurs travaillent dans des pays à bas coûts, alors qu’Electronic Arts vise 25 % d’ici à deux ans. Les dépenses de R & D par tête du français sont ainsi de 30 à 40 % inférieures à celles de ses concurrents californiens.


Dossier réalisé par Jean-Luc Champetier

 

Reduire le sommaire

Sommaire du dossier

 



Laisser un commentaire

 

 

 

 

 

 




 

1

Commentaires

 

 

 

Signaler un abus

pnmen

 

bonne synthèse - 20/02/2010 à 20:45

Bon article. Attention par contre : les chiffres de vente de consoles ne sont pas exacts :
Nintendo a vendu 65 millions de Wii, auxquels s'aoutent 125 millions de DS !

Les ventes de PS3 attendraient selon les chiffres de Sony 33 millions et pas 31. Rien à dire pour microsoft.

 

Voir tous les commentaires 1









Analyses et opinions

Pierre-Olivier Beffy *

Pékin capte le stimulus de la Fed - le 25/11/11 à 20:00 - investir.fr

Les Etats-Unis souhaitent imposer des droits de douane sur les produits venant de pays dont la monnaie est sous-évaluée. La Chine dénonce un tel acte de protectionnisme. Pourtant, Pékin...

Marie-christine Sonkin

Quel impôt sur les dividendes ? - le 25/11/11 à 20:00 - investir.fr

La précipitation est mauvaise conseillère et la recherche hâtive de nouvelles recettes peut s'avérer contre-productive. C'est le cas de la mesure portant de 19 % à 24 % le taux du...

Toutes les analyses et opinions
 

Logo investir

 
 

Infos à la une