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« Les marchés émergents sont devenus plus sains que les développés »
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Simon Pickard, gérant de Carmignac Emergents, Carmignac Gestion
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La décote entre marchés émergents et marchés développés s’apprécie au regard de l’histoire des trente dernières années. En particulier dans les années 80 et 90, marquées par une série de crises dans les pays émergents, l’investisseur a perdu tout son argent en misant par exemple sur les obligations russes ou les actions thaïlandaises.
La notion de crise dans les marchés émergents n’est plus à l’œuvre depuis presque dix ans. Sur le plan des fondamentaux économiques des Etats (déficits budgétaires, comptes courants, levier du système bancaire…), les émergents sont devenus plus sains que les développés. Certes, le risque subsiste, mais sur de plus petits pays (Lettonie, Argentine, Dubai). Et, dans le cas de l’Inde, il est compensé par une forte croissance économique. Néanmoins, par rapport aux pays développés, le risque majeur des émergents est celui de l’inflation en Asie (elle démarre en Chine et en Inde). Un resserrement des politiques monétaires pourrait faire chuter les marchés émergents, en asséchant les liquidités. Mais, pour l’investisseur, cela constituerait une opportunité d’achat pour le long terme.
En termes de valorisation boursière, la Russie est un marché attrayant. Son poids, pour autant, ne doit pas dépasser 10 % d’un fonds d’actions émergentes, tant le pays pâtit notamment de sa faiblesse démographique et d’une économie non restructurée. A l’inverse, l’Inde, chère sur le plan boursier, fait partie avec l’Indonésie et Taïwan de mes pays préférés, du fait de ses nombreux atouts (consommation domestique, croissance démographique, qualité des sociétés cotées…).
Ses trois valeurs favorites
MediaTek. Cette société technologique taïwanaise, qui développe des puces pour les téléphones portables, prend des parts de marché à Nokia en Inde. Elle détient aussi une forte position en Chine et dans le segment porteur des smartphones de troisième génération. En Bourse, la valeur n’est pas chère (12 fois les bénéfices), eu égard à sa croissance et à la qualité de son bilan.
Shoprite Holdings. Comparable au distributeur belge à bas coûts Colruyt, dont elle partage la grande qualité de management, l’entreprise sud-africaine de supermarchés est bien implantée en Afrique du Sud et détient des points de vente dans d’autres pays d’Afrique.
DP World. Plus grand opérateur portuaire du monde, qui appartient au conglomérat étatique Dubai World, DP World est présent à Dubai, aux Etats-Unis et en Chine. Coté au Nasdaq et à Dubai, le titre a dévissé, avec le plongeon de l’activité de transport maritime, il y a dix-huit mois, à 1,20 $. Il s’est ensuite repris pour à nouveau s’effondrer à 30 cents, pénalisé par les difficultés de Dubai World. La société, qui se paie aujourd’hui 8 fois contre 13 fois l’Ebitda pour les entreprises du secteur, devrait être cotée cette année à Londres.
En joker, car valeur française, CFAO, leader de la distribution automobile et pharmaceutique en Afrique et dans les Dom-Tom, est un petit bijou, qui va s’épanouir hors du giron de PPR.

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