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EDF : Le Grenelle II menace le développement de l'éolien en France/SER
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PARIS, 29 avril (Reuters) - La France n'atteindra pas l'objectif de quadrupler sa capacité de production d'énergie éolienne d'ici 2020 si le projet de loi Grenelle II est adopté en l'état par l'Assemblée nationale, a déclaré jeudi le président du Syndicat des énergies renouvelables (SER).
Si les députés votent ce projet, les éoliennes seront soumises au régime des installations classées. Leur implantation sera subordonnée à la mise en place de schémas régionaux avec un seuil minimum de puissance installée de 15 mégawatts.
L'imposition d'un seuil minimum par parc, contenu dans de récents amendements, réduira de facto le nombre de projets de moitié, a estimé André Antolini, président du SER, et asphyxiera une industrie encore naissante, qui emploie 10.000 personnes.
La France a comme objectif d'installer 20.000 MW de puissance dans l'éolien d'ici 2020, soit le niveau actuel de l'Allemagne, contre un peu moins de 5.000 MW aujourd'hui.
La France s'est engagée, lors du Grenelle 1, à produire 23% de son électricité à partir d'énergies renouvelables et un quart de cet objectif devarit être atteint grâce à l'éolien.
"Evidemment, les objectifs du Grenelle sont hors de portée", a dit André Antolini lors d'une conférence de presse.
L'application du régime d'installation classée pour la protection de l'environnement (IPCE), habituellement utilisée pour les industries polluantes, ralentira aussi la mise en place de projets, alors même qu'il faut déjà de trois à quatre ans pour obtenir les autorisations nécessaires, a-t-il ajouté.
RISQUE DE BLOCAGE
Si les régions ne procèdent pas avant le 31 décembre 2011 à l'établissement des schémas régionaux ou sont trop restrictives quant aux zones de développement autorisées, le risque est qu'aucun projet ne puisse plus sortir de terre.
"Cela montre bien que l'intention des promoteurs de ces amendements est de tuer la filière éolienne, purement et simplement, c'est de l'étouffer", a dit André Antolini. Les discussions sur le Grenelle II débuteront à l'Assemblée mardi.
L'Union française de l'électricité (UFE) -- qui représente producteurs et distributeurs, dont EDF , GDF Suez , Poweo -- estime que la dynamique du développement de l'énergie éolienne risque d'être brisée en supprimant la visibilité des porteurs de projets.
"Si les règles changent tous les deux ou trois ans, il est impossible de demander à des investisseurs raisonnables de construire des usines et de développer des parcs et donc de créer des emplois", a dit Nicolas Bouley, délégué général de l'UFE.
Les amendements contenus dans le Grenelle II sont, disent leurs promoteurs, censés permettre une meilleure programmation du développement de l'éolien en privilégiant des zones bien localisées.
Le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, s'en est remis mardi au débat parlementaire pour déterminer les meilleures procédures d'implantation des éoliennes en France.
"C'est assez difficile de trancher. Je crois que l'on aura un débat très serein", a-t-il dit. "Il n'y a pas de clivage sur ce point, il y a ceux qui pensent que la vitesse des promoteurs individuels est gage de succès, il y a ceux qui disent 'non', il faut une planification". (Mathilde Cru, édité par Gilles Trequesser)





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