La crise économique s’aggrave
Conjoncture . La détérioration du climat économique s’accélère en France, en Allemagneet en Italie. Les ménages réduisent leurs achats.
Et aussi
PETROLE: Le brut se stabilise autour de USD80 le baril - 22/02/2010 - Dow Jones France-Environ 7 jours de stocks de carburants disponibles /Ufip - 22/02/2010 - Reuters USA/Bourse - Valeurs à suivre : Smith/Schlumberger, Lowe's... - 22/02/2010 - Reuters Raffineries - Total avance au 8 mars son CCE extraordinaire - 22/02/2010 - Reuters Le Cac 40 en légère hausse avant Wall Street - 22/02/2010 - Investir.frLa récession se profile inévitablement en Europe. La crise financière américaine, à son paroxysme, limite fortement l’activité dans la zone euro. L’indice instantané PMI Markit des directeurs des achats de la zone euro a reculé en septembre à 47 points contre 48,2 points le mois précédent, soit le niveau d’activité le plus faible depuis novembre 2001. L’activité a reculé dans le secteur manufacturier comme dans les services pour le quatrième mois consécutif. Elle devrait rester léthargique au cours des prochains mois car les prévisions des directeurs interrogés pour les douze prochains mois ont atteint un nouveau plus-bas. Pis, selon la société Markit, l’emploi se dégrade pour le troisième mois consécutif et le nombre des licenciements a atteint le niveau le plus élevé depuis 2004. Seul point positif de l’enquête, le rythme des hausses de prix facturés semble ralentir au cours des deux derniers mois. Mieux, l’inflation des coûts des achats a diminué par rapport au plus-haut de huit ans enregistré en juillet, pour revenir au niveau qui prévalait en octobre 2007.
D’autres enquêtes confortent cette analyse. L’indice Ifo du climat des affaires en Allemagne est revenu en septembre sous sa moyenne historique. Les économistes de la Société Générale précisent que «?son rythme de détérioration a rarement été aussi fort?». C’est surtout la composante décrivant la situation actuelle qui s’est fortement dégradée, celle des perspectives - marquant déjà un record historique de faiblesse - a moins fléchi. L’indice Ifo s’est également détérioré dans le commerce de détail, un mauvais signe pour l’orientation future de la consommation des ménages, le maillon faible de l’économie allemande.
En France, la détérioration de la confiance des industriels mesurée par l’Insee, très forte ces derniers mois, s’accélère. Ainsi, «?après avoir déjà perdu 12 points entre janvier et juillet 2008, l’indice du climat des affaires de l’industrie française s’effondre de 5 points sur le seul mois de septembre?», souligne Marc Touati, chef économiste de Global Equities. A 92 points, cet indicateur est revenu au niveau de 2003 et «?se rapproche dangereusement?» de celui de 1993, date de la dernière récession dans l’Hexagone, poursuit l’expert. Plus inquiétant encore, tous les secteurs industriels français sont concernés par cette sombre évolution : les biens de consommation, d’équipement, intermédiaires et l’automobile. Et les industriels ne sont pas uniquement affectés par la dégradation des perspectives générales, leurs perspectives personnelles reculent aussi et très nettement.
Comment pourrait-il en être autrement alors que le principal moteur de la croissance - la consommation des ménages - stagne ? Les achats des ménages français en produits manufacturés ont, en effet, reculé de 0,4 % en août après une progression de 0,3 % en juillet. Ils se situaient ainsi en août au même niveau qu’un an plus tôt ! La situation ne devrait guère s’améliorer, car le pouvoir d’achat des ménages manque de dynamisme. Cela est vrai dans l’ensemble de la zone euro. Si l’inflation ralentit indiscutablement (+ 3,8 % en août dans la zone euro après + 4 %), elle reste supérieure à l’évolution des salaires. Déjà au deuxième trimestre 2008, les coûts unitaires du travail ont marqué le pas (+ 2,7 % après + 3,5 %). Enfin, il est vraisemblable que la décrue du moral des ménages, affecté par la crise financière et par l’arrêt de la baisse du chômage, conduise à une hausse de leur taux d’épargne. En conséquence et dans le meilleur cas, l’économie européenne stagnera au cours des prochains trimestres.
Les statistiques publiées aux Etats-Unis ne sont guère plus rassurantes. La pression reste forte dans le secteur immobilier comme en témoigne le nouveau recul des ventes de logements anciens en août (- 2,2 %) et des demandes de crédits immobiliers de plus de 10 % au cours de la semaine achevée le 19 septembre, selon les statistiques de la Mortgage Bankers Association. Le président de la Réserve fédérale, Ben Bernanke, a d’ailleurs largement insisté cette semaine, devant le Joint Economic Committee du Congrès, sur les risques pesant sur la croissance. Celle-ci devrait être nettement inférieure à son potentiel. Cela durera tant que la situation du système financier ne sera pas stabilisée. L’avenir de l’économie américaine dépend de plus en plus du succès du plan de sauvetage des banques (lire page 9) du Trésor américain. Philippe Wenger
Les investissements à l’étranger souffrent de la crise financière
La crise financière n’épargnera pas les flux financiers internationaux. Ainsi, la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced) estime dans son rapport annuel que les investissements directs étrangers (IDE) devraient diminuer en 2008 pour la première fois depuis 2001 ! Ce recul intervient après une année 2007 très dynamique. Les flux mondiaux d’IDE ont, en effet, progressé de 30 % en 2007, pour atteindre 1.833 milliards de dollars. Cette année, les flux d’IDE devraient ainsi revenir à 1.600 milliards de dollars, soit un recul de près de 10 %. Il est vrai que les opérations de fusions et acquisitions ont déjà chuté de 29 % au cours du premier semestre 2008 par rapport aux six mois précédents en raison de la crise de liquidité sur les marchés monétaires et obligataires. Toutefois, le rapport de la Cnuced estime probable que les investissements à destination des pays en développement resteront «?à peu près stables?».

|















: