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L'emploi américain propulse le Cac 40 au-dessus des 3.400 points
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Les bons chiffres de l’emploi aux Etats-Unis, cumulés à un indice ISM américain des services en amélioration, ont relancé les places boursières européennes, plutôt prudentes en première partie de séance. A la clôture, le Cac 40 s’adjuge 1,52 %, à 3.427,92 points, alignant une quatrième journée de hausse consécutive. Les valeurs financières et cycliques tiennent le haut du pavé.
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Tous les premiers vendredis du mois, le scénario est le même : le marché, qu’il soit en hausse ou en repli en première partie de séance, revient toujours à l’équilibre en début d’après-midi, guettant avec prudence le rapport officiel sur l’emploi américain. Pas d’exception en ce vendredi 3 février 2012. Le Cac 40 a hésité dans les premiers échanges puis s’est rapproché de son niveau de clôture de la veille avant de jaillir au-delà des 3.400 points, aidé par de très bons chiffres de l’emploi aux Etats-Unis.
Dévoilée à 14 heures 30, la publication mensuelle du Bureau of Labor Statistics a dépassé toutes les attentes : ce sont en effet 243.000 emplois non-agricoles qui ont été créés au mois de janvier, contre seulement 150.000 attendus. Ce chiffre, le plus élevé depuis avril, marque une accélération par rapport à décembre (203.000 postes créés) et confirme la tendance de fond à l’amélioration de l’économie étasunienne. Il s’accompagne en outre d’un repli du taux de chômage à 8,3 % de la population active, son niveau le plus bas depuis trois ans. « C'est une bonne surprise, et c'est le premier chiffre de l'emploi qui soit vraiment bon depuis la récession », a commenté Philippe Weber, responsable études et stratégies chez CPR AM, à l’agence Reuters. Certes, mais 19,3 millions d'Américains sont encore sans emploi ou sous-employés, et l’indice mesurant les personnes ayant cessé leurs recherches d'emploi et celles contraintes de travailler à mi-temps faute de mieux, s'inscrit à 15,1 % en janvier, globalement stable par rapport à décembre (15,2 %). La hausse des embauches est massive dans le secteur privé : 257.000 emplois y ont été créés, contre 220.000 en décembre et 170.000 anticipés. Il s’agit d’une composante essentielle dans la formation de la statistique établie par le Département du Travail, puisqu’elle représente globalement plus de 90 % de l’ensemble des postes. Le domaine public a, pour sa part, détruit 17.000 postes au cours du même mois.
Signe supplémentaire que l’économie américaine se redresse, l’indice ISM des services a progressé de 3,8 points, à 56,8 points, en janvier et les commandes à l'industrie ont crû de 1,1 % le mois précédent.
En France, en Allemagne et en Grande-Bretagne, l’activité dans les services a connu une accélération le mois dernier, renouant même avec la croissance dans la zone euro. L'indicateur établi par Markit s'est redressé de 1,6 point, franchissant le seuil crucial des 50 points (50,4 points) qui marque la frontière contre contraction et expansion de l’activité. Cette donnée « rassure quelque peu et laisse entrevoir [...] une ébauche de stabilisation de l’activité », commente Chris Williamson, chef économiste chez Markit. « La confiance se renforce et atteint un plus haut de cinq mois, un grand nombre d’entreprises du secteur prévoyant à présent une sortie progressive de la crise de la dette souveraine », ajoute-t-il, tout en avertissant que « la prudence reste de mise et le risque d’un retour à la récession ne saurait être écarté. »
Ces indicateurs ont redonné un certain goût du risque aux investisseurs. A la clôture, le Cac 40 s’adjuge 1,52 %, à 3.427,92 points, alignant au passage une quatrième séance de hausse consécutive. Le volume d'affaires s'est élevé à 3,5 milliards d'euros sur les valeurs éligibles à l’indice vedette parisien. A Francfort, le Dax prend 1,67 % et, à Londres, le Footsie monte de 1,81 %. Outre-Atlantique, les indices empruntent un même chemin haussier : le Dow Jones gagne 1,12 % et le Nasdaq Composite 1,44 %. Sur le marché des changes, le dollar se renforce face à l’euro (la monnaie unique se contracte à 1,3110 contre 1,3144 hier soir). Les chiffres de l’emploi américain réduisent « la probabilité d’un QE3, ce qui est positif pour le dollar », analyse Brian Dole, chef stratégiste chez Forex.com cité par Reuters. « C’est pourquoi l’euro limite ses gains après une première réaction à la hausse. La perspective d’un QE3 est probablement repoussée à la deuxième moitié de l’année. »
Les matières premières sont orientées à la hausse, à l’image du pétrole. Le baril de Brent de la mer du Nord se traite à 112,57 dollars (+ 60 cents).
Les valeurs cycliques profitent également de la croissance de l’activité en Europe, ainsi que de l’amélioration de l’économie américaine. C’est le cas notamment des constructeurs automobiles. Peugeot engrange 5,33 % à 16,31 euros et Renault 3,57 % à 36,09 euros.
Autre secteur à l’honneur : la finance. Société Générale s’adjuge 7,25 %, Crédit Agricole 4,74 % et BNP Paribas 3,23 %. L’assureur Axa gagne de son côté 1,92 %.
Alcatel-Lucent avance de 4,94 % à 1,486 euro. Le groupe a été retenu par America Movil pour la fourniture d’infrastructures sur son réseau en Amérique latine. Le volet financier de l’accord n’a pas été révélé, mais il constitue un « succès majeur » pour l’équipementier qui élargit ainsi son empreinte géographique, selon un analyste de Liberum cité par Bloomberg.
LVMH gagne 2,29 % à 129,30 euros après la publication de ses résultats annuels. Le numéro un mondial du luxe a annoncé une progression de 16 % de son chiffre d’affaires à 23,66 milliards d’euros en 2011. Le résultat opérationnel courant augmente de 22 % à 5,26 milliards d’euros et le bénéfice net de 1 % à 3,06 milliards. Le groupe, qui propose un dividende de 2,60 euros, en hausse de 24 %, se dit « raisonnablement optimiste » pour 2012.
En dehors du Cac 40, Dassault Aviation s’adjuge 4,54 % à 690 euros. Le groupe pourrait annoncer début mars un contrat pour la vente de 60 Rafale aux Emirats arabes unis, rapporte latribune.fr. Le site ajoute qu’une visite de Nicolas Sarkozy serait même prévue à Abu Dhabi vers la mi-février.
Genfit flambe de 83,51 % à 3,45 euros. La société de biotechnologie a annoncé qu’une étude sur son médicament GFT505, destiné aux personnes atteintes de diabète, avait atteint tous ses objectifs d’efficacité sans effet indésirable.
Enfin, AB Science bondit encore de 18,30 %, à 12,54 euros, au lendemain d’une envolée de 71,5 %. Le groupe a annoncé mercredi soir des résultats très encourageants pour son traitement masitinib contre les tumeurs gastro-intestinales stromales.

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