INTERVIEW L'UE réduira rapidement les ventes à découvert
Un amendement pour réguler les ventes à découvert des hedge funds dans la directive AIFM /rapporteur
Une directive horizontale de la Commission suivra sous peu
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BRUXELLES, 9 février (Reuters) - Les attaques spéculatives contre les pays de la zone euro vont accélerer la régulation des ventes à découvert dans l'Union européenne, estime Jean-Paul Gauzès, proche du nouveau commissaire au Marché intérieur Michel Barnier et l'une des voix les plus influentes du Parlement européen sur ce sujet.
Dans une interview à Reuters, le rapporteur de la directive AIFM (Alternative Investment Funds Managers) considère également que les récents événements en Grèce, au Portugal et en Espagne ont réveillé l'appétit régulateur des autorités européennes.
"Ce qui se passe actuellement a un aspect positif, c'est de redonner du tonus pour une réglementation plus sévère, alors qu'il y avait une tendance depuis quelques mois à passer à autre chose", déclare-t-il.
"L'un des éléments, c'est les ventes à découvert, c'est avec cela que l'on peut spéculer. Ce que je vais essayer de faire, c'est appliquer un encadrement des ventes à découvert au niveau des fonds alternatifs", ajoute-t-il, indiquant que le volet de son rapport sur la directive AIFM relatif aux pratiques de "short selling" serait complété et précisé.
La vente à découvert consiste à vendre un titre que l'on ne possède pas en vue de le racheter moins cher à une date ultérieure et d'en tirer un bénéfice. Cette pratique est accusée d'amplifier les mouvements spéculatifs et a été identifiée comme l'un des accélérateurs de la crise financière.
Jean-Paul Gauzès a été l'un des acteurs clés l'an dernier dans la réforme des agences de notation et passe pour avoir l'oreille de Michel Barnier, qui prendra mercredi ses fonctions à la Commission européenne.
DIRECTIVE HORIZONTALE
Jean-Paul Gauzès considère qu'il ne faut pas s'arrêter là et qu'il faut réduire les ventes à découvert dans l'ensemble du secteur financier. "On me dit qu'il faut une réglementation horizontale. Je suis d'accord pour inciter la Commission à avoir une proposition horizontale sur les ventes à découvert."
Michel Barnier, qui présentera ses priorités aux ministres des Finances de l'UE lors de leur réunion du 16 février à Bruxelles, a indiqué à plusieurs reprises qu'il présenterait sans tarder une directive sur les ventes à découvert.
Cette directive sera discutée en parallèle d'une réforme plus large de la régulation et de la supervision financière en Europe, qui vise à créer de nouvelles autorités de supervision européennes et à les doter de pouvoirs contraignants.
"Dans le projet de directive (AIFM), nous poserons les bases de cet encadrement des ventes à découvert et ensuite les autorités de supervision compétentes feront les analyses pour déterminer ce qui relève des instruments financiers permettant le bon déroulement des opérations financières et ce qui est purement spéculatif", explique Jean-Paul Gauzès.
"TAILLER LARGE"
Le but avoué de l'eurodéputé est de séparer le bon grain de l'ivraie et de "ne garder des fonds alternatifs que le bon, c'est-à-dire lorsque ces fonds ont un intérêt économique général".
"Ce que je pense, c'est qu'il vaut mieux tailler large et en supprimer trop que pas assez. On ne peut pas demander aux contribuables et aux Etats de faire des efforts et en même temps de se voir torpiller par des procédures financières sans valeur ajoutée."
Alors que la City de Londres considère qu'une régulation trop étroite du secteur financier pourrait conduire à un exil des fonds spéculatifs vers la Suisse et affaiblir la place de Londres, il juge ces craintes excessives.
"Ceux qui font le chantage au départ, ce n'est pas forcément les meilleurs. Ce sont ceux qui sont les plus spéculatifs et ceux que je verrais disparaître sans tristesse", insiste l'eurodéputé, qui se rendra à la City fin mars pour y présenter les options retenues dans son texte.
"Nous n'avons aucune intention de détruire la place de Londres mais on ne peut pas aller de crise en crise et vers des crises de plus en plus graves", dit Jean-Paul Gauzès.
(Edité par Dominique Rodriguez)


















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