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Grèce - Un accord sur la restructuration peut-être mercredi-sources

31/01/12 à 21:14 - Reuters | 0 Commentaire(s) Texte plus grand Texte plus petit Imprimer Ajouter cet article à mes favoris Séparateur Envoyer à un ami

BRUXELLES/FRANCFORTjanvier (Reuters) - Les négociations entre la Grèce et ses créanciers privés sur la restructuration de la dette du pays pourraient être conclues dès mercredi, ont déclaré des banquiers et des responsables politiques, même si une montée en puissance du rôle de la Banque centrale européenne (BCE) est désormais vue comme impérative dans le dossier.

Selon ces banquiers et ces responables, le secteur privé est désormais prêt à accepter une décote d'environ 70% sur les obligations d'Etat grecques qu'il détient, ce qui devrait faire baisser l'endettement de la Grèce de quelque 100 milliards d'euros.

Le ministre des Finances grec Evangelos Venizelos a pour sa part déclaré que la décote pourrait même être supérieure à 70%.

Ceci étant dit, malgré son ampleur, cette décote ne devrait pas, selon les responsables, être suffisante pour ramener l'endettement de la Grèce à l'équivalent de 120% du produit intérieur brut (PIB) d'ici 2020, ratio jugé nécessaire, dans le cadre du plan d'aide du Fonds monétaire international (FMI) et de l'Union européenne, pour rendre la dette supportable.

De ce fait, de plus en plus de personnes impliquées dans le dossier estiment que les détenteurs publics de titres grecs - la BCE et les banques centrales nationales de la zone euro - doivent participer à la restructuration de la dette du pays, ont poursuivi les banquiers et les responsables.

"L'analyse qui est faite à ce stade consiste à voir quelles mesures le secteur public pourrait prendre pour réduire la dette de la Grèce", a dit à Reuters un responsable européen au fait des discussions.

"L'objectif est de ramener le ratio endettement-PIB à 120%, mais, même avec l'échange de dette, il en est encore très loin donc l'implication du secteur public est nécessaire."

Une source bancaire a ajouté qu'il était désormais admis que l'implication du secteur privé ne produirait pas les effets voulus sans que le secteur public n'assume également une partie des pertes.

"Maintenant, nous discutons du comment", a-t-elle ajouté.

 

DES PERTES POUR LES BANQUES CENTRALES ?

Des sources de la BCE ont dit la semaine dernière à Reuters que la BCE avait déboursé au cours de l'année écoulée, dans le cadre de son controversé programme de rachats de titres, 38 milliards pour racheter des obligations grecques portant valeur faciale de 50 milliards d'euros.

La BCE se retrouve donc en position d'enregistrer un gain nominal de 12 milliards d'euros, somme qui pourrait être rétrocédée à Athènes sans que la BCE ne subisse de pertes.

Mais un responsable européen a ajouté que ceci ne suffirait toujours pas à combler l'écart - estimé à 10 points de pourcentage - entre la décote que s'apprête à consentir le secteur privé et l'objectif d'un endettement de 120%.

La BCE et les banques centrales nationales de la zone euro pourraient donc être contraintes de passer des pertes sur les actifs détenus ou au moins de renoncer aux versement des intérêts.

Mais, toujours selon des sources, le bilan de certaines banques centrales nationales ne résisterait pas à de telles pertes.

"Ceci complique les discussions", a dit un banquier au sujet de cette éventualité.

Une autre source a déclaré qu'il serait peut-être nécessaire pour une ou plusieurs banques centrales nationales de lever des capitaux pour compenser la possibilité d'une perte.

Même si les discussions sur l'implication du secteur privé aboutissement mercredi - après avoir commencé il y a près de sept mois et avoir été interrompues à plusieurs reprises - la résolution de la question de la participation du secteur public pourrait encore prendre quelques jours.

Les Bourses européennes ont clôturé en hausse, portées par l'espoir de voir bientôt aboutir un accord entre Athènes et ses créanciers privés sur la dette grecque et après l'adoption du nouveau traité de discipline budgétaire.

Faute d'accord, la Grèce pourrait se retrouver en situation de défaut de paiement lorsque 14,5 milliards d'euros d'obligations viendront à échéance en mars.

 

Voir aussi :

ENCADRE - Que peut faire la BCE pour alléger la dette grecque ? (Luke Baker, Benoit Van Overstraeten pour le service français)



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