On attendait la création de 150.000 emplois aux Etats-Unis pour le mois de janvier. C’est un total de 243.000 nouveaux postes, hors agriculture, que la première économie mondiale a finalement produits le mois dernier. Un nombre qui marque une accélération par rapport aux 203.000 du mois précédent, et qui confirme la tendance de fond qui semble s’être réinstallée outre-Atlantique. C’est en effet le sixième mois consécutif de créations d’emplois nettes dans le pays.
Des chiffres qui sont surveillés de près, car ils permettent de mesurer la solidité de la composante consommation dans le pays. « Rappelons à ce titre que la capacité des entreprises privées à compenser les destructions d’emploi de la sphère publique ces derniers mois a largement contribué à soutenir le moral des ménages, leur confiance, et leur consommation. Rappelons cependant aussi que le rythme de croissance de la consommation en volume a ralenti tout au long de l’année 2011, pour s’afficher à moins de 2% (vs 3,1%) sur la dernière statistique disponible, et qu’il est, de ce point de vue, primordial que les créations d’emplois se poursuivent à un rythme soutenu pour que le cercle vertueux ‘ emploi – immobilier – consommation – embauches ’, qui s’est instauré, se poursuive », indiquait ce matin CM-CIC dans sa note.
Du côté du privé, ce sont 257.000 emplois qui ont été créés, contre 220.000 en décembre et 170.000 anticipés. Il s’agit bien entendu d’une composante essentielle dans la formation de la statistique établie par le Département du Travail, puisqu’elle représente globalement plus de 90% de l’ensemble des postes. Le domaine public a pour sa part détruit 17.000 postes en janvier. Le taux de chômage s’inscrit, lui, à 8,3% de la population active, contre 8,5% en décembre et le même taux attendu par les économistes. Là aussi c’est donc une bonne surprise.
En Bourse, la réaction des opérateurs est naturellement favorable, le Cac 40 étant immédiatement relancé par cette nouvelle. Il gagne désormais plus de 0,7%. Ce matin, Cameron Peacock, d’IG Markets à Melbourne, en Australie, écrivait qu’ « un mauvais chiffre sera probablement interprété comme le fait qu’un QE3 [troisième plan d’assouplissement quantitatif] est nécessaire pour soutenir la reprise », tout en ajoutant que « à l’inverse, un chiffre meilleur que prévu pourrait être interprété comme un bon indicateur que l’économie mondiale est en voie d’amélioration. Cela soutiendrait les actifs à risque et réduirait le besoin de se réfugier vers le dollar ». Il entrevoyait donc une hausse des places financières dans tous les cas. Bien vu !