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La perte du triple A, symptôme de l'immobilisme français

20/01/12 à 20:00 - Investir | 19 Commentaire(s) Texte plus grand Texte plus petit Imprimer Ajouter cet article à mes favoris Séparateur Envoyer à un ami

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Ne boudons pas notre plaisir. Les occasions de se réjouir sont trop rares en ces temps de crise pour se le permettre. Il y a une semaine, les chroniqueurs se lamentaient sur les conséquences dramatiques, pour le pays et la zone euro, de la perte du triple A français, qualifié au mois d'août dernier par Alain Minc, célèbre visiteur du soir de l'Elysée, de « trésor national détenu en copropriété par tous les Français ». Et, au lieu de la catastrophe annoncée, le Cac 40 a rebondi de 3,9 %, prenant à défaut les Pythie du marché.

Même si cette (tout de même) mauvaise nouvelle a été bien absorbée et n'a pas provoqué le séisme redouté (nous faisions partie de ceux qui estimaient que les marchés avaient anticipé cette dégradation depuis la mise sous surveillance négative du 5 décembre), elle met néanmoins l'accent sur les faiblesses françaises qui ne justifient pas qu'elle se situe au même niveau que l'Allemagne ou les Pays-Bas. Standard and Poor's, qui, par rapport aux autres agences de notation, se distingue en accordant un poids important dans sa décision aux critères politique et institutionnel, a en particulier mis l'accent sur les rigidités du marché du travail.

Notre pays n'a plus la même note que l'Allemagne parce qu'elle n'a pas eu à sa tête un Gerhard Schröder, qui a eu le courage, en 2002, de mettre en place l'agenda 2010, douloureux plan de réforme qui a rétabli la compétitivité de l'économie allemande. De la même façon, la mansuétude de l'agence de notation à l'égard de la Grande-Bretagne est due à la fois à l'attitude plus flexible de la Banque d'Angleterre, mais aussi à la politique, inflexible, elle, de David Cameron, qui a imposé, dès son arrivée, une cure d'austérité au Royaume (on pourrait peut-être ajouter aussi comme raison de cette indulgence une certaine solidarité anglo-saxonne). Pourtant, la situation outre-Manche n'est pas, comme le font perfidement remarquer certains de nos politiques, plus reluisante que celle de la France, avec une dette publique équivalente (85,4 % du PIB, contre 84 % pour la France) et un déficit public bien plus lourd de 9,4 %, en 2011, selon les prévisions de la Commission européenne, contre 5,8 % seulement en France. Mais l'agence de notation salue la constance de la politique menée.

Rien de cela chez nous. La réforme des retraites a pris huit ans de retard après le retrait du plan Juppé de 1995 qui visait, notamment, à aligner les durées de cotisation des salariés de la fonction publique sur celle des salariés du secteur privé. Il a fallu attendre 2003 et la réforme Fillon, puis 2008 et 2010, pour que soient prises des mesures.

Même coupable atermoiement du côté de la TVA sociale. Elle a été si maladroitement évoquée par Jean-Louis Borloo au soir du premier tour des élections législatives de 2007 qu'elle a fait perdre entre 60 et 80 sièges de députés à l'UMP. Conséquence : elle a été jetée aux oubliettes jusqu'à ce que Nicolas Sarkozy la remette au goût du jour, mais cinq ans plus tard. Même si elle n'est peut-être pas la solution idéale, surtout en période de récession, elle présente l'avantage d'apporter un début de réponse au problème du coût du travail.

Cette dramatique procrastination de nos gouvernants, qui se sont refusés à prendre des mesures douloureuses quand le climat économique mondial plus facile le permettait, conduit aujourd'hui à la dégradation de la note de la France. Certes, notre pays peut vivre sans son trésor national. C'est loin d'être une catastrophe, mais c'est un symptôme. Celui d'un pays qui préfère sacrifier les générations futures plutôt que de renoncer à son petit confort. Comme le disait une célèbre publicité bancaire, « parce que le monde bouge ». Il serait bien dommage qu'il bouge sans la France.

rémi le bailly


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Commentaire(s)

 

 

 

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bertkoul01

 

deux solutions - 26/01/2012 à 17:11

deux solutions : ou il faut changer le navire (car il est trop vieux : la France) ou il faut changer le capitaine (Sarkosy)....à vous de choisir....

 

 

 

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Bjorn borg

 

IMMOBILISME ? - 26/01/2012 à 11:07

Le capitaine du navire navigue à vue et sans boussole par temps de brouillard !!

 

 

 

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périférique

 

IMMOBILISME ? - 26/01/2012 à 10:53

TOUT CECI ME FAIT PENSER QUE NOUS SOMMES NAUFRAGéS ET QUE LA CROISIERE VA S'ACHEVER PAR DéPEçAGE DU NAVIRE . 30000 DEMANDEURS D'EMPLOIS DE + PAR MOIS pendant 12/24/36 MOIS ?
CA VA ETRE DUR DUR

 

 

 

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bertkoul01

 

tva et Chance - 23/01/2012 à 02:10

encore faudrait-il le rentrer dans la tête du gouvernement (l'esprit de fiscalité)...lorsque l'on dit "il faut qu'on comprenne dans quel sens on veut faire les choses" ou "elle doit être la plus juste possible et la plus équitable", c'est bien, en théorie, mais en pratique (et très philosophique !!)...allez dire cela à fillon et autres...si vous êtes écouté, alors....bravo...

 

 

 

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chance

 

L'esprit de la fiscalité... - 23/01/2012 à 01:42

Elle doit être la plus juste que possible et la plus équitable...Il faut donner du sens à ce que l'on fait...Et il faut qu'on comprenne dans quel sens on veut faire les choses...Est-ce que c'est pour punir les gens ou les persécuter ou alors est-ce que c'est pour inviter ceux qui ont les moyens à participer d'avantage à un projet d'utilité sociale et humanitaire en direction des plus pauvres sans vouloir les gêner dans l'exercice de leurs activités...Cela dit l'idée d'une tva sur les produits de luxe peut être une piste intéressante dans la mesure où les consommateurs les plus pauvres ne sont pas sensés acheter des produits de cette catégorie là...Donc leur pouvoir d'achat ne sera pas menacé tant qu'on appliquera pas cette taxe aux produits de première nécessité...Bonne réflexion à vous tous!...

 

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