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L'euro survivra à Noël et soufflera ses dix bougies

23/12/11 à 20:00 - Investir | 1 Commentaire(s) Texte plus grand Texte plus petit Imprimer Ajouter cet article à mes favoris Séparateur Envoyer à un ami

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Qu'il ait été sherpa d'un président de la République, et soit depuis considéré comme un sage, voire un penseur économique et politique écouté et consulté ici-bas, ne rend pas pour autant sa parole divine. En sommant le mois dernier avec grande éloquence nos responsables politiques européens et la Banque centrale européenne (BCE) d'agir pour mettre fin à la crise ravageuse des dettes souveraines en Europe, Jacques Attali n'a pas hésité à prédire pour l'euro une issue fatale avant Noël, si rien n'était fait pour sauver la monnaie unique d'ici là. Et, Dieu soit loué ! alors que nous fêtons entre ce soir et demain la Nativité dans l'allégresse familiale, c'est en euros sonnants et trébuchants que chacun d'entre nous a pu acheter cadeaux et mets pour célébrer ce jour divin. Du moins aux yeux des chrétiens.

La prédiction funeste de Jacques Attali ne s'est donc pas vérifiée. Et l'euro, dans sa traduction fiduciaire, s'apprête dans la foulée de ces fêtes de fin d'année à souffler ses dix bougies. Un événement marquant ! Cela fera en effet dix ans ce 1er janvier 2012 que la monnaie unique européenne aura pris dans le porte-monnaie et dans la vie de tous les jours des Français et de leurs concitoyens européens la place du franc français, belge ou luxembourgeois, du mark allemand, du florin néerlandais, de la lire italienne, de la peseta espagnole, de l'escudo portugais et que sais-je encore. La bascule s'est faite, souvenez-vous, du jour au lendemain avec une facilité presque déconcertante. Alors que la gymnastique pour convertir 6,55957 francs en un euro n'avait en soit rien d'évident… Et les sacrifices, plus ou moins étalés dans le temps, sur notre pouvoir d'achat ont été nombreux et lourds de conséquences. Du fait notamment du prix de biens de consommation courante qui, comme la baguette de pain par exemple, ont tout simplement profité de l'occasion pour opérer sans coup férir un envol aussi surprenant qu'inattendu. Rendant la bascule d'autant plus rude que les salaires, sous la pression de la mondialisation, eux, n'ont pas eu droit à la même évolution. C'est dire si les fêtes de Noël et du nouvel an auraient été gâchées si cette prédiction d'une fin aussi brutale qu'incompréhensible et inacceptable de l'euro s'était ces derniers jours vérifiée.

Reste que si l'euro a fort heureusement passé sans encombre les fêtes, ses déboires et ses vicissitudes du moment n'en sont pas terminés pour autant. Il n'en a malheureusement pas fini avec les vils spéculateurs qui, à la City de Londres ou de l'autre côté de l'Atlantique, restent fermement décidés à lui faire la peau. En cette période de crise sans précédent des finances publiques et de surendettement des Etats du monde industrialisé, une guerre monétaire et économique est déclarée, qui a placé l'euro au coeur de l'enjeu. Aussi, l'euro a beau avoir survécu à Noël, il n'en est pas quitte pour autant. Sa survie ne dépend pas seulement de la capacité des politiques européens à agir ou de la détermination du couple franco-allemand à réaffirmer le bien-fondé de son existence et le rôle majeur qui a été le sien dans une construction européenne jusqu'alors plus économique que politique. Elle dépend également et avant tout de la BCE. Après avoir été des années durant le gardien du temple de sa force et de sa vigueur face aux autres grandes devises internationales, il lui appartient désormais de s'ériger en rempart infaillible face aux attaques répétées et incessantes dont il est l'objet. La BCE en a les moyens. Son nouveau gouverneur, l'italien Mario Monti, en abaissant par deux fois consécutivement ses taux directeurs et en ouvrant grand ses guichets sur un horizon étendu à trois ans aux banques de la zone euro en mal de liquidités, vient d'en faire une première démonstration. Mais, à l'évidence, il ne pourra pas en rester là.

BRUNO SEGRE


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EDWARD GEORGECLARKE955

 

bravo - 26/12/2011 à 19:43

J'espère que vous avez envoyé votre article a Charles Gave

Il va s'étouffer....!!!

 

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