Réagir

France : Il faut désacraliser la lettre A et relativiser sa perte annoncée

16/12/11 à 20:00 - Investir | 0 Commentaire(s) Texte plus grand Texte plus petit Imprimer Ajouter cet article à mes favoris Séparateur Envoyer à un ami

Et aussi

 

Quel printemps pour les actionnaires ? - 18/05/2012 - Investir

 

Quand le bâtiment va, tout va - 18/05/2012 - Investir

 

Lettre à Jean-Marc Ayrault, Premier ministre - 18/05/2012 - Investir

 

Les principes simples et de sagesse de l'« Oncle Warren » - 11/05/2012 - Investir

 

Comment sortir l'ISF de l'imbroglio ? - 11/05/2012 - Investir

 

Tous les articles

A pour Apocalypse financière ! Au café du commerce, dans les dîners en ville comme sur les bancs des classes de la filière ES dans les lycées de France et de Navarre, la perspective de la perte par notre pays d'un, voire de deux A de son précieux et sacro-saint AAA, qui consacrait jusqu'alors la qualité de sa dette émise par l'Agence France Trésor (AFT) sur les marchés financiers, a pris la dimension d'une catastrophe nationale. A croire que, si la sanction de Standard & Poor's, de Moody's ou de Fitch tombe avant Noël ou le jour de l'an, les fêtes de fin d'année seront, pour bien de nos concitoyens, gâchées.

Cette perspective, qui peut à tout moment, dans les prochaines heures, dans les prochains jours ou tout au plus dans les prochaines semaines, devenir une triste réalité, aura de toute évidence une conséquence immédiate et fâcheuse sur les conditions de refinancement de la dette publique française sur les marchés financiers. Avec une charge financière (le coût du remboursement de la dette publique) mécaniquement alourdie, le fardeau de la dette sera plus lourd à porter pour la France et, par ricochet, pour les ménages français. Ces derniers imaginent aisément les répercussions multiples que pourrait avoir sur leur quotidien un appel à de nouveaux efforts et à une solidarité nationale renforcée. Leur préoccupation au regard de la perte annoncée de notre note d'excellence est donc grande et légitime. Elle l'est d'autant plus qu'en France le « A » est une lettre culte et par trop sacralisée. Dans notre système éducatif, le corps enseignant et académique en a, pour commencer, fait, aux côtés du traditionnel système de notation de 0 à 20 établi dans la nuit des temps, une note d'excellence, au demeurant moins arbitraire et plus arrondie dans un système d'évaluation modernisé prenant comme échelle de valeur du travail accompli et rendu les cinq premières lettres l'alphabet. La lettre A se retrouve aussi critère d'excellence dans la gastronomie française à travers la célèbre andouillette. Si cette spécialité de la charcuterie n'est pas certifiée par un quintuple A, cette fois, elle ne saurait trouver grâce auprès du palais d'une fine bouche. Dans notre vie d'écolier, de gastronome ou de citoyen, il nous faut donc en toutes circonstances viser le A, c'est une question de fierté nationale. Mais, à l'école, à table ou sur les marchés financiers, nul n'est infaillible et la baisse de régime est excusable et pardonnable. Surtout, la perte d'un A n'est pas une infamie. Pour preuve : les Etats-Unis, qui dès cet été l'ont perdu après l'avoir conservé précieusement depuis 1946. Non seulement le moment de honte est pour eux vite passé, mais ils ont survécu. D'abord parce que le coût de la dette ne s'en est pas trouvé vraiment augmenté. Au contraire ! L'Oncle Sam emprunte désormais 70 points de base en deçà des niveaux qui étaient les siens avant cette présumée humiliation financière. Un comble !

Ensuite, la perte de son triple A n'a rien d'irrémédiable. Même si le Japon, après l'avoir perdu en 2002, ne l'a toujours pas récupéré. En attendant, même si un procès des agences de notation doit rapidement être instruit, il n'est fondamentalement pas injustifié que la France voie aujourd'hui sa note dégradée. A plus forte raison si l'Allemagne, plus vertueuse, est condamnée à connaître ce sort. Alors acceptons-en l'augure et consentons, si besoin, d'autres efforts pour retrouver sans tarder une place parmi les meilleurs élèves de la classe. En attendant, gageons que, dans ce triste épisode de la crise, l'arroseur, notre insulaire voisin britannique, qui sournoisement de sa City se livre à un torpillage en règle des dettes publiques européennes et de l'euro depuis des mois, soit à son tour copieusement arrosé. A bon entendeur, messieurs les sinistres analystes crédit de S&P, Moody's et consorts, tirez donc sur les Anglais les premiers. Ils l'ont bien mérité.

BRUNO SEGRE


Laisser un commentaire

 

 

 

 

 

 







Les articles les plus...


 

Logo investir

 
 

Infos à la une

 


Plan du site

Bourse en temps réel
Actions de A à Z
Palmarès
Statistiques de séance
Indices boursiers
Warrants et bons
Certificats et Trackers
Sicav - FCP
Obligations
Matières premières
Devises et Taux

Analyse Graphique
Accueil analyse graphique
Les alertes
Les conseils forts
Analyse graphique en Vidéo
Infos & conseils boursiers
Actualité des marchés
Infos & conseils valeurs
Consensus
Dossiers de la rédaction
Chats & Interviews
Vos questions au médiateur
Bourse pratique
Sondages
Communiqués financiers
BALO, OST, Rapports annuels
Les rendez-vous d'Investir
Les repères de l'économie
Web TV Investir
Forums
Forum de la fiscalité
Bourse
Valeurs
Economie
Epargne & Placements
Banques & Courtiers
Immobilier
Débats

Pratique
Moteur de recherche
Nous contacter
RSS
Applications Mobile
(Apple - Android)
Placements financiers
Actu Sicav - FCP
Assurance-vie
Banque
Immobilier
Fiscalité
Retraite
Famille
Guides
Calculateurs patrimoine

Devises Forex
Accueil
Cotation des devises
Infos et analyses
Calendrier économique
Convertisseur
Espace membre
Vous inscrire
Mon espace
Mon profil
Mes articles
Mes commentaires
Mes alertes
Mes newsletters
Mes portefeuilles
Mes listes
Mes alertes sur cours
Téléchargement
Vous identifier
Mot de passe perdu
Privilèges abonné
Espace privilèges
Investir 10
Portefeuilles trading
La cote enrichie
Outils de sélection
L'hebdo de la semaine (dès le vendredi)
Archives PDF
Alertes privilèges
Vous abonner
Service client

Communauté
Facebook investir
Twitter investir