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Fausse note en Europe ou bonne partition européenne ?

09/12/11 à 20:00 - Investir | 0 Commentaire(s) Texte plus grand Texte plus petit Imprimer Ajouter cet article à mes favoris Séparateur Envoyer à un ami

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Un petit pas pour l'Europe mais un grand pas pour l'euro. A vingt-sept, les membres de l'Union européenne ne sont pas tombés d'accord dans la nuit de jeudi à vendredi pour une révision des traités. La perfide Albion - avec ses bookmakers organisateurs de paris morbides sur la monnaie unique et ses financiers de la City passés maîtres dans l'art de « shorter » les dettes et les banques de la zone euro -l'a sans surprise torpillée avec son veto. Qu'à cela ne tienne ! Plus question « de construire l'Europe sur des compromis bancals » martèle, pour le coup à raison, la chancelière allemande Angela Merkel.

La Grande-Bretagne fait une fois de plus obstacle à sa construction. Et alors ? Tant que l'Anglais s'obstinera à garder sa livre sterling pour devise, il ne servira à rien de se battre pour l'inclure dans un accord européen. Au contraire ! Ce serait prendre le risque de faire capoter du même coup l'euro.

Et, Dieu merci, nous n'en sommes pas là puisque l'accord autrement plus primordial des dix-sept membres de la zone euro en faveur d'un renforcement majeur des règles de bonne gouvernance financière des pays qui ont fait le choix de l'euro comme monnaie unique a, lui, pu être trouvé à Bruxelles. Il faut s'en féliciter. Les Dix-Sept sont d'accord, n'en déplaise au candidat socialiste à la présidentielle française, pour sceller dans le marbre européen et de chaque Constitution nationale des règles d'équilibre budgétaire qui seront d'or. Ils sont de surcroît à l'unisson sur la mise en place de sanctions automatiques pour les impécunieux qui s'imagineraient pouvoir s'en amender, comme par le passé, ou s'autoriser de petites entorses de temps à autre. Se plier à une discipline est une chose, la respecter au pied de la lettre en est une autre. La preuve, tous les pays membres de la zone euro se sont, à un moment ou à un autre, soustraits à celle des 3 %.

Le pendant de cette bonne gouvernance passe par la mise sur pied du Mécanisme européen de stabilité, qui, elle aussi, est entérinée par les Dix-Sept. Cet instrument placé sous la responsabilité de la Banque centrale permet d'organiser la solidarité pleine et entière des seize membres de la zone à l'égard du dix-septième qui pourrait, le cas échéant, se retrouver en grande difficulté financière. Il viendra, sans disposer non plus d'une licence bancaire, compléter le dispositif du Fonds européen de stabilité financière, toujours en attente d'une capacité d'intervention démultipliée.

Reste que, pour prouver son efficacité, cet accord à dix-sept doit entrer en vigueur le plus rapidement possible. Et c'est, une fois encore, dans ce détail que le diable pourrait se cacher aux yeux des marchés financiers. Après quoi, il sera toujours temps de s'atteler à la poursuite de la refondation des traités européens pour parvenir à un accord à vingt-sept, non pas avec la Grande-Bretagne, mais avec la Croatie, entrée hier vendredi dans l'Union européenne. En attendant, puisque qui trop embrasse mal étreint, gageons que la Banque centrale européenne voit, elle aussi, au travers de cet accord, au demeurant solide à dix-sept plutôt que bancal dans un compromis à vingt-sept, une bonne raison de poursuivre sa salutaire action (lire pages 3 et 4). Et, pourquoi pas, finisse du coup par se dire que le moment est peut-être venu de jouer, de son propre chef et pour sa part, un rôle de prêteur en dernier ressort de la zone euro que tout le monde désespère de lui voir tenir. Elle ferait du même coup oublier la fausse note d'une Europe à vingt-sept et donnerait définitivement le la d'une partition européenne harmonieuse à dix-sept.

BRUNO SEGRE


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